Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/433

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caractéristiques. Les sections diverses des échantillons d’une même espèce possèdent des teintes dissemblables et une section donnée présente même des nuances qui changent quand on fait tourner la lamelle sur le porte-objet du microscope. Dans certaines positions de la préparation, chaque section présente un maximum d’éclat, puis à mesure qu’on fait tourner la lamelle, le cristal considéré s’assombrit peu à peu jusqu’à ce qu’enfin il paraisse complètement noir. Si le mouvement de rotation continue, la section cristalline s’éclaire de nouveau, reprend ses teintes vives, passe par un maximum d’éclat et ensuite redevient obscure à 90 degrés de sa première orientation d’extinction.

Ces phénomènes d’éclairement et d’obscurité se reproduisent alternativement à quatre reprises pour une révolution complète de la préparation ; quatre fois la section observée présente sa nuance brillante la plus vive, et quatre fois, dans des orientations à angle droit, l’extinction a lieu complètement. Pendant qu’on fait tourner ainsi la lamelle mince entre les nicols croisés, ceux-ci sont maintenus immobiles ; deux fils à angle droit disposés dans l’oculaire du microscope dans le sens des sections principales des niçois attestent l’immobilité de ceux-ci. Ces fils sont en même temps des repères fixes auxquels on rapporte les directions qu’affectent les côtés des sections au moment où les extinctions s’opèrent.

Certains cristaux en prismes allongés s’éteignent quand leurs arêtes longitudinales sont parallèles à l’un des fils de l’oculaire ; d’autres deviennent obscurs dans ce cas, lorsque leurs arêtes font avec ces mêmes fils un angle différent de 0 et de 90 degrés. La valeur de cet angle d’extinction peut être exactement mesurée, pour chaque espèce minérale, elle dépend de lois connues, de telle sorte que l’orientation d’une section, sa forme et son angle d’extinction varient simultanément d’une façon régulière. Les conséquences qui découlent de ces données ont été habilement développées en Allemagne par Rosenbusch, en France par Michel Lévy. Elles sont tellement positives et d’une vérification si usuelle qu’elles donnent à la détermination des minéraux microscopiques un cachet remarquable de simplicité et de précision.

Lorsqu’une lamelle mince offre en coupe un grand nombre de sections diverses de minéraux cristallisés, comme cela se produit par exemple lorsqu’elle est taillée dans une roche, parmi les sections observées il en est un certain nombre qui précisément se trouvent dans la position d’extinction et qui par conséquent se montrent teintées de noir ; mais leur couleur foncée ne fait que rehausser l’éclat des sections avoisinantes demeurées lumineuses. D’ailleurs, si l’on fait tourner la préparation entre les nicols croisés, les sections