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M. Falk, le ministre des lois de mai, est remplacé par M. de Puttkamer. Seulement, à voir la fidélité de M. de Bismarck à ses anciennes alliances, on peut se demander ce que dureront ses alliances nouvelles. Il s’inquiète peu après tout de ce qu’on pense de lui, pourvu qu’il gouverne cette Allemagne qu’il a créée.

CH. DE MAZADE.

LETTRE DU PRINCE VASSILTCHIKOF

Il vient de paraître dans la Revue des Deux Mondes du 1er mars 1879 une étude de M. A. Leroy-Beaulieu intitulée le Socialisme agraire et le régime de la propriété en Europe, étude qui contient une analyse détaillée de mon ouvrage sur la propriété territoriale.

Je n’oserai pas aborder et discuter à fond les graves questions que soulève l’éminent publiciste et qui, embrassant toute la situation sociale, donneraient à mes études sur une branche spéciale une portée dépassant mes intentions et mes prétentions. Je me permettrai seulement de relever quelques erreurs dans l’appréciation de mes opinions, erreurs qui, je m’empresse de le reconnaître, proviennent en partie de la diffusion du sujet que j’ai été obligé de traiter.

Tout d’abord M. Leroy-Beaulieu semble croire qu’en discutant le régime communal et le défendant en Russie, j’ai l’idée de m’en prévaloir pour soutenir sa supériorité sur toutes les organisations agraires des autres pays, et de le poser en modèle aux autres nations. Ce serait là une prétention inadmissible et dont l’exagération approcherait du ridicule. Bien au contraire, j’ai tâché de prouver dans mon ouvrage que les questions agraires étaient définitivement et irrévocablement tranchées dans les pays d’Occident, et qu’il serait tout aussi impossible d’y revenir que de faire remonter aux fleuves le courant de leurs eaux. Seulement il m’a semblé que la solution de ces questions était loin d’être suffisante et laissait à découvert une population flottante d’ouvriers sans domicile et de gens sans aveu dont le commerce et l’industrie font leur profit, mais qu’il eût mieux valu pour la sécurité générale laisser en possession de leurs champs et de leurs lots de terre, et, tout en reconnaissant les causes décisives qui ont amené en Europe l’état de choses actuel et provoqué l’accumulation des gens du village dans les villes, je me suis demandé si c’est là le modèle que d’autres pays doivent suivre.

C’est ainsi que tout naturellement s’est présentée la question du régime communal tel qu’il existe en Russie et dont le grand avantage, malgré de très graves inconvéniens, est de garantir un minimum de propriété aux classes rurales.

C’est là-dessus, sur la prépondérance relative des avantages et des inconvéniens de notre propriété communale, que roule le grand débat