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LA
COMMUNE A L'HOTEL DE VILLE

VI. [1]
LA REVENDICATION.


I. — LES ACCUSES.

Aux derniers jours de la commune, vers le 17 ou le 18 mai, lorsque la colonne de la grande armée, jetée bas aux applaudissemens de la fédération, prouvait, à ne pouvoir s’y méprendre, que Paris était aux mains des barbares, M. Thiers, qui activait de toute son énergie les attaques de l’armée française, reçut la visite de trois personnages que nous ne devons point nommer. Ces hommes venaient près du chef du pouvoir exécutif afin d’essayer une dernière, une suprême tentative de conciliation, et afin d’éviter, s’il se pouvait encore, la dure bataille qu’il était facile de prévoir. L’un d’eux, qui était en quelque sorte le président de cette députation, était un homme considérable. Républicain fervent et libéral éprouvé, il avait pendant de longues années manié l’outil de l’ouvrier ; mais s’instruisant lui-même, complétant à force de labeur son éducation intellectuelle, il était sorti de la foule, avait publié des livres remarqués, et avait fait partie, non sans honneur, de nos assemblées délibérantes. Il est une preuve vivante de l’excellence de notre état social qui s’ouvre devant les travailleurs énergiques et les porte

  1. Voyez la Revue du 15 mai, du 1er et du 15 juin, du 1er et du 15 juillet.