Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/572

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s’associent pas à cet exposé de principes sont traités de calomniateurs et de renégats ; ce sont des pauvres d’esprit qui ne sont point à la hauteur de l’évolution communeuse, car « ils voient dans la révolution du 18 mars un soulèvement pour des franchises municipales. Ils renient les actes de cette révolution qu’ils n’ont pas comprise, pour ménager sans doute les nerfs d’une bourgeoisie dont ils savent si bien épargner la vie et les intérêts. Oubliant qu’une société ne périt que quand elle est frappée aussi bien dans ses monumens, ses symboles, que dans ses institutions et ses défenseurs, ils veulent décharger la commune de la responsabilité de l’exécution des otages, de la responsabilité des incendies. Ils ignorent ou feignent d’ignorer que c’est par la volonté du peuple et de la commune, unis jusqu’au dernier moment, qu’ont été frappés les otages, prêtres, gendarmes, bourgeois et allumé les incendies. Pour nous, nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces actes justiciers qui ont frappé les ennemis du peuple, depuis Clément Thomas et Lecomte jusqu’aux dominicains d’Arcueil, depuis Bonjean jusqu’aux gendarmes de la rue Haxo, depuis Darboy jusqu’à Chaudey. Nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces incendies qui détruisaient des instrumens d’oppression monarchique et bourgeoise, ou protégeaient les combattans. « Il faut reconnaître que ceux-là ont quelque clarté dans leur exposé de principes, et que leurs souvenirs ne les gênent guère ; loin de là, leurs souvenirs se substituent à la réalité et leur montrent partout une commune florissante comme dans la terrible semaine. Les rédacteurs de ce manifeste se croient encore à l’Hôtel de Ville, car ils écrivent : « Nous voyons Paris, la France, courbés sous la terreur, l’écrasement continu, l’assassinat en permanence. « Il faut toute la perspicacité d’un contumax pour s’en apercevoir ; nous ne nous en serions jamais douté.

Les trente-trois [1] communards ou communeux qui ont signé ce manifeste ne furent point de minces personnages pendant les mois d’avril et de mai 1871. Toutes les hautes fonctions civiles, administratives, militaires, sont représentées ; c’est encore un gouvernement tout prêt : Gournet, Viard et Vaillant ont été membres de la commune ; Eudes, général, membre de la commune, a fait partie du dernier comité de salut public ; Huguenot, Sachs, Breuillé, Dacosta, ont été les substituts de Raoul Rigault. ; Gausseron a été

  1. Aberlen, Berton, Breuillé, Carné, Jean Clément, F. Cournet, Ch. Dacosta, Déliés, A. Dérouilla, E. Eudes, H. Gausseron, E. Gois, A. Goullé, E. Granger, A. Huguenot, E. Jouanin, Ledrux, Léonce, Lhuillier, P. Mallet, Marguerites, Constant Martin, A. Moreau, H. Mortier, A. Oldrini, Pichon, A. Poirier, Rysto, B. Sachs, Solignac, Ed. Vaillant, Varlet, Viard.