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CHAPITRE IV (1804). [1]


Arrestation de Georges Cadoudal. — Mission de M. de Caulaincourt à Ettenheim. — Arrestation du duc d’Enghien. — Mes angoisses et mes instances auprès de Mme Bonaparte. — Soirée de la Malmaison. — Mort du duc d’Enghien. — Paroles remarquables du premier consul.

Après les différentes arrestations dont j’ai parlé, on livra au Moniteur des articles du Morning Chronicle, qui rapportaient que la mort de Bonaparte et la restauration de Louis XVIII étaient prochaines. On ajoutait que des gens arrivés tout à l’heure de Londres affirmaient qu’on y spéculait à la bourse sur cet événement, et qu’on y nommait Georges, Pichegru et Moreau. On imprima aussi dans le même Moniteur la lettre d’un Anglais à Bonaparte, qu’il appelait Monsieur Consul. Cette lettre lui adressait pour son utilité particulière un pamphlet répandu du temps de Cromwell qui tendait à prouver qu’on ne pouvait pas assassiner des personnages tels que Cromwell et lui, parce qu’il n’y avait aucun crime à tuer un animal dangereux ou un tyran : « tuer n’est donc pas assassiner, disait le pamphlet, la différence est grande. »

Cependant, en France, des adresses de toutes les villes et de toutes les armées, des mandemens des évêques, arrivaient à Paris pour complimenter le premier consul, et féliciter la France du danger auquel elle avait échappé. On insérait soigneusement ces pièces dans le Moniteur.

  1. Voyez la Revue du 15 juin, du 1er et du 15 juillet.