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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




31 juillet 1879.

À mesure qu’on approche des vacances, les travaux parlementaires se hâtent, et l’on vote au pas de course, sans relâche ; on expédie tout sans trop de choix, les lois les plus sérieuses et les lois les plus inutiles, le budget, la prorogation des traités de commerce, les chemins de fer, le retour à Paris et la destruction de ce qui reste des Tuileries ! Il n’y a que la loi sur l’enseignement supérieur qui parait décidément devoir s’arrêter en route et être ajournée jusqu’à un temps meilleur, jusqu’à la session d’hiver. Le sénat, tardivement saisi du projet voté par la chambre des députés, s’est empressé de nommer sa commission, et avec toute la bonne volonté possible cette commission ne peut guère avoir terminé son travail avant le congé désormais prochain des deux assemblées. La question est d’ailleurs assez grave pour que quelques mois de réflexion ne soient point de trop, et elle peut devenir assez délicate, même peut-être assez périlleuse, pour que le ministère ne soit probablement pas bien impatient de brusquer la solution. Le sénat, à part cette loi sur l’enseignement supérieur qui semble destinée à rester réservée, le sénat a encore le budget à expédier, la prorogation des traités de commerce à examiner, la réorganisation du conseil de l’instruction publique à discuter, sans compter les interpellations et les incidens inattendus qui peuvent se produire : en voilà plus qu’il n’en faut pour atteindre l’heure où le parlement quittera Versailles pour n’y plus revenir. Ce n’est point assurément le pays qui se plaindra de cet interrègne parlementaire, de cette suspension momentanée des débats bruyans et passionnés de ses législateurs. Le pays ne peut raisonnablement se plaindre que d’une chose, c’est que dans cette session qui va finir on ait plus d’une fois oublié ses intérêts les plus pressans pour des luttes irritantes et stériles, c’est que les actions ne répondent pas toujours aux paroles ou même à la bonne volonté, c’est que la politique du nouveau régime donné à la France ait encore tant de peine à se dégager des vulgaires considérations de parti où elle s’embarrasse trop souvent. C’est en définitive la question qui ne cesse de dominer toutes les autres.

Ce n’est pas sans doute en un jour qu’un régime nouveau arrive à se