Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/561

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soin particulier du Formicarium [1] du même auteur. — Bernard Basin : des Sciences magiques et des maléfices des sorciers. — Ulrich Molitor : Dialogue sur les lamies (sorcières) et les pythonisses. — Frère Jérôme Mengus, de l’ordre des frères mineurs : Fouet des démons, ou exorcismes terribles, puissans et efficaces, remèdes excellens pour chasser les esprits malins des corps des possédés et échapper aux méfaits du diable. — Thomas Murner : des Pythonisses. — Félix Malleolus : Traité des exorcismes et des conjurations. — Frère Barthélémy de Spina : des Stryges et des Maléfices [2].

Les inquisiteurs et les exorcistes trouvèrent un rude adversaire dans le médecin flamand Jean de Wier (1515-1588). Jean de Wier était le disciple de ce fameux Cornélius Agrippa, nécromancien cosmopolite, tour à tour soldat, astrologue, médecin, avocat, théologien, immortalisé par Rabelais, qui l’a quelque peu raillé sous ce pseudonyme de Her Trippa, en tous cas le plus grand sorcier qui fut oncques. Agrippa, après avoir admis et probablement pratiqué la sorcellerie, finit par ne plus y croire ; il compose un livre intitulé : de la Vanité des sciences, et meurt en 1536 à Grenoble, à l’hôpital. Il laissa un chien noir et un disciple. Ce chien, sitôt qu’Agrippa fut mort, s’alla jeter en la rivière et depuis ne fut jamais vu. Il n’y a pas de doute à ce sujet : c’était Satan en guise de chien. Quant à Jean de Wier, il continue l’œuvre pestilentielle d’incrédulité de son maître défunt. En effet il ne croit pas, à la culpabilité des sorcières, et il ne craint pas d’appeler bouchers ceux qui les torturent et les condamnent. Son livre a rapidement plusieurs éditions [3]. On croit, dit-il, que la sorcière fait un pacte exécrable

  1. Le mot Formicarium est difficile à traduire ; on pourrait l’exprimer par le mot français fourmillement.
  2. A côté du Malleus, il faut ranger d’autres livres écrits dans le même esprit. Le Manuel des exorcistes, où l’on traite de la manière vraie, certaine, sûre de chasser les démons du corps de l’homme, de traiter les malades, de se défendre contre ses ennemis : ouvrage utile non-seulement aux exorcistes et aux prétres, mais aux médecins, aux théologiens, aux possédés et aux malades, par le R. P. Candide Brognoli, de Bergame, professeur de théologie, de l’ordre des franciscains ; Venise, 1702. Discours sur la magie (Disquisitiones magicœ), par Martin Del Rio, de la Société de Jésus, Cologne ; chez Hemming, 1633. — Grillandus, jurisconsulte florentin, des Sortilèges, et Jean-François Ponzinibius, des Sorcières, Francfort-sur-le-Mein, 1592. — Jacques Fontaine. Discours des marques des sorciers et de la possession réelle que le diable prend sur le corps des hommes ; Lyon, 1611. — Léon Davair, Trois Livres des charmes, sortilèges et enchantemens ; Paris, chez Chesneau, 1583. On trouvera une bibliographie assez complète des livre de sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles à la fin du livre de Langlet-Dufresnoy. Recueil de dissertations sur les apparitions ; Paris, 1751, t. II, 2« partie, p. 255-292.
  3. Voici les titres de quelques-uns des ouvrages de Jean de Wier (Opéra omnia, chez Van den Berghe ; Amsterdam, 1650) : tes Prestiges des démons ; — Livre apologétique, ou recueil de lettres envoyées à Wier par des personnages illustres ; — de la Pseudomonarchie des démons ; — des Sorcières ; — de la Colère.