Page:Revue des Deux Mondes - 1881 - tome 44.djvu/957

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lui convient, ce qui flatte la passion du jour, c’est-à-dire la disposition qui soumet les séminaristes au service militaire. Le résultat le plus clair de ces procédés, c’est qu’on détruit des lois qui datent de quelques années à peine sans en faire de nouvelles et que, dans l’incertitude, cet arbitraire dont on se plaint a mille moyens de se produire. Ce sont là, dans tous les cas, des questions que la commission n’a pu qu’effleurer, qui ne pouvaient être examinées avec fruit dans un parlement pressé d’entrer en vacances.

Ce qu’il y a de mieux, c’est que la chambre en a fini avec cette enquête sur M. le général de Cissey comme elle en a fini aussi, avant de partir, avec la grande querelle qui s’est élevée entre M. le préfet de police et le conseil municipal de Paris. M. le préfet Andrieux était cependant, à ce qu’on croyait, un républicain et même un républicain assez caractérisé. 11 ne passait pas généralement pour un impérialiste ou un clérical déguisé. Malheureusement, depuis qu’il est entré à la préfecture de police, M. Andrieux a eu l’étrange idée de prendre ses fonctions au sérieux, de se dire qu’après tout on ne garantissait pas la sûreté de l’état et de la cité avec des complimens, des banalités et des complaisances pour toutes les factions. Il est entré dans son rôle avec une certaine résolution. Aussitôt il est devenu suspect. Dès qu’il s’occupait sérieusement de faire la police dans l’intérêt de l’ordre, il cessait manifestement d’être un vrai républicain aux yeux des tapageurs du radicalisme. Il n’a pas tardé surtout à exciter par son attitude, par sa fermeté un peu rude, la défiance du conseil municipal de Paris, qui est un personnage important et querelleur. Pour le conseil municipal, il faut un préfet débonnaire et pacifique comme le préfet de la Seine, M. Herold. Celui-là ne gêne personne, il sait garder une tenue modeste en présence de la majorité radicale du conseil ; il est toujours prêt à céder pour n’avoir pas d’affaires, et s’il se voit par hasard dans la cruelle nécessité de provoquer l’annulation de quelque déclaration illégale, il n’est pas loin de s’en excuser : il panse au besoin la blessure avec quelque hymne à la modération de cette majorité radicale méconnue I M. Andrieux, lui, est un préfet de police moins accommodant, qui ne craint pas de résister et de se défendre, qui ne s’interdit même pas toujours une certaine âpreté sarcastique de riposte. De là, entre M. Andrieux et le conseil municipal, des rapports assez tendus qui ont conduit bientôt à des escarmouches pour finir par une guerre déclarée. A quel propos s :  : t produit ce dernier conflit qui vient d’être porté devant la chambre des députés ? C’est une histoire assez simple. Le conseil municipal, qui ne peut se défendre de se considérer comme un petit parlement, a émis la prétention d’interpeller M. le préfet de police sur u l’état général de la sécurité publique à Paris. » M. Andrieux s’est empressé de faire observer que le droit indéfini d’interpellation n’était pas précisément une attribution municipale. N’importe, on a