Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/449

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Dès qu’on prononce le mot de Sahara, on s’imagine un immense désert de sable, brûlé par les rayons d’un soleil ardent, sans végétation, sans habitans, sans culture. C’est là assurément une idée assez fausse, au moins pour le Sahara algérien. Peut-être, au-delà d’Ouargla, est-il des espaces déserts où l’on chemine pendant cinq, six, huit jours, sans rencontrer d’autres traces de vie et de civilisation que quelques puits où vont boire les chameaux des caravanes. Mais dans le Sahara algérien il n’en est pas ainsi. Dans cette vaste région se trouvent de place en place, et à des distances relativement peu considérables, des oasis fertiles et peuplées.

Nous ne prétendons pas assurément que le Sahara est une terre féconde, qu’on peut y planter des arbres, y appeler des colons, y construire des villages. Nous disons seulement que cette région, qui dans l’opinion de beaucoup de Français est condamnée par la nature à une stérilité fatale, contient des parties extrêmement fertiles, et dont la fertilité, grâce aux courageux efforts de quelques-uns de nos concitoyens, militaires ou civils, peut très rapidement devenir supérieure à celle des plus belles contrées de l’Algérie.

Si l’on jette les yeux sur une carte de l’Algérie, on verra que la région septentrionale de l’Afrique peut être divisée en trois zones parallèles. Une première zone est celle du littoral méditerranéen. Puis, soit tout près du littoral, comme à Bougie et à Bône, soit à