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Le Positivisme et la Science expérimentale, par M. l’abbé de Broglie, 2 vol., Paris, 1880 ; Palmé.

C’est avec un vrai plaisir que nous avons vu un membre distingué du clergé français, porteur d’un nom illustre, aborder hardiment, les plus hauts problèmes de la philosophie spéculative. Nous croyons que ce ne serait pas sans préjudice pour les intérêts de l’esprit humain en général et pour ceux de l’église catholique en particulier, que cette église se désintéresserait des problèmes métaphysiques et des recherches libres de la pensée abstraite. A toutes les époques où elle a joué un grand rôle dans le monde, elle a compté en philosophie. Lorsque le christianisme a eu conquis le monde, on vit la philosophie chrétienne remplacer et absorber la philosophie d’Aristote et de Platon. Au moyen âge, l’église occupe l’école en même temps qu’elle règne dans l’état. Au XVIIe siècle, après l’orage du XVIe, l’église catholique eut une renaissance brillante et grandiose : c’est le temps où elle prend hardiment sa part dans le grand mouvement philosophique inauguré par Descartes. Au début de notre siècle, après la révolution française, qui l’avait régénérée et grandie par la persécution, en reprenant sa part d’influence, l’église s’honora encore par l’éclat de ses recherches philosophiques. Soit en France, soit en Italie, il y eut une grande philosophie chrétienne ; en France, plus militante que spéculative, plus paradoxale qu’instruite, plus bruyante que solide, mais enfin pleine de