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Les Progrès récens de la métallurgie du fer, par M. S. Jordan ; Paris, 1881.


Le capitaine James Cook a raconté quelque part qu’à Taïti un chef de tribu, heureux possesseur de deux clous de fer, avait notablement augmenté ses revenus en prêtant ces précieux outils à ses voisins pour forer des trous. N’est-ce pas là, en petit, l’histoire des grandes fortunes qui se sont édifiées, grâce aux progrès intéressans de la sidérurgie ? Comme l’a dit Fourcroy, le fer est l’âme de tous les arts, la source de presque tous les biens, et la perfection de son travail marque partout le terme de l’intelligence. Or il est certain que, depuis quinze ou vingt ans, l’industrie du fer a fait des pas de géant et que les applications de ce métal sous ses trois états (foute, fer, acier) tendent à se multiplier à l’infini.

On sait que les différences qui existent entre le fer, l’acier et la fonte sont dues principalement à la dose de carbone qui se trouve mêlée au métal ; on admet que le fer proprement dit en contient moins de 1 millième, l’acier de 1 à 20 millièmes ; les fers qui renferment plus de 20 millièmes de carbone sont classés dans la catégorie des fontes. Le fer est ductile et malléable, se laisse forger et se soude facilement, mais ne se trempe pas et n’est fusible qu’à une température très élevée. La fonte, au contraire, n’a plus ni ductilité ni malléabilité, elle ne se soude pas, est souvent dure et cassante ; en revanche, elle se trempe et elle fond à une température relativement basse. Entre ces deux extrêmes, l’acier occupe une position intermédiaire : il se trempe, il est malléable, ductile, soudable, fusible, à des degrés qui varient avec sa teneur en carbone et aussi avec les traces