Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 75.djvu/166

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J’ai traité successivement ici même, au cours de ces dernières années, de la plupart des changemens intervenus dans l’ordre scolaire et dans les méthodes d’enseignement. Il me restait, pour clore cette série d’études, à les résumer sous un titre qui en marquât bien l’idée générale et qui en fît ressortir l’unité. J’ai choisi celui-ci : l’Instruction publique et la Démocratie, n’en trouvant pas de plus exact ni de mieux justifié. Peut-être, après m’avoir lu, ne le jugera-t-on pas trop ambitieux.


I

Qu’est-ce, en effet, que l’histoire de l’instruction publique depuis sept ou huit ans, sinon un incessant et tyrannique effort de la démocratie pour mettre la main sur la jeunesse, pour l’asservir à son culte et la courber sous son joug ?

Après la guerre et jusqu’en 1877, malgré le courant d’opinions qui portait tant de gens alors à rejeter sur toutes nos institutions, les unes après les autres, la responsabilité de nos malheurs, les pouvoirs publics n’avaient pas jugé prudent d’apporter de grands changemens à notre organisation scolaire. Sans doute, le régime existant n’était pas sans défauts ; il y fallait des retouches. Nos programmes présentaient plus d’une lacune, et presque partout, matériellement, l’argent manquait. Mais ce régime, en somme, n’était pas si défectueux, ayant formé plusieurs générations de savans et de