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LES
POPULATIONS RURALES
DE LA FRANCE

LA TOURAINE.


I.

Nous quittons à peine la Bretagne[1] et nous voilà bien loin de son ciel brumeux, de ses sites sauvages, de ses antiques légendes, de sa population de marins, de soldats et de rudes laboureurs. Tout s’adoucit, tout révèle un autre génie, comme une autre terre et une autre histoire. La Bretagne, avec son esprit à part, sa langue indigène, ses coutumes tenaces, signifiait isolement, résistance à l’unité nationale. Son autonomie morale, peu à peu entamée sans avoir disparu, s’est manifestée à nous par plus d’un trait saisissable au sein de ces campagnes, qu’agite un souffle nouveau, et que transforment, au point de vue matériel, les nouvelles méthodes de culture et les grands agens de la civilisation moderne. Le nom de la Touraine rappelle, au contraire, la fusion la plus complète avec le génie de la France, l’identification la plus entière avec ses destinées. Cette union a été scellée dans l’histoire presque aussi haut qu’on remonte ; interrompue par la domination des Plantagenets,

  1. Voyez la Revue du 15 octobre et du 15 novembre 1884.