Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/945

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LA FEMME DU CABRIER
La femme, l’enfant, la soupe,
En chemin pour Ier carrier,
Le complimentent qu’il coupe
Dans l’us de se marier…

Il y a aussi :

LA MARCHANDE D’HABITS
Le vif œil dont tu regardes
Jusques à leur contenu ;
Me sépare de mes hardes,
Et comme un Dieu, je vais nu.

C’est un monde plus spécial encore, et moins connu, que nous décrit M. Hugues Le Roux dans son volume sur les Jeux du cirque et la Vie foraine, illustré par M. Jules Garnier, et publié, comme le livre de M. Raffaëlli, par la librairie Plon. A la vérité, la dédicace en est un peu bizarre : — Au fondateur de la Ligue de l’Éducation physique ; — et l’on se demande si M. Le Roux croirait peut-être à la régénération de la race par la dislocation et par l’acrobatie. Mais, ceci dit, et puisqu’il y a décidément une poésie du paillon et du clinquant, des « jeux du cirque » et de « la vie foraine, » nous signalerons ce volume parmi les plus amusans qu’on puisse lire. Amusant, au meilleur sens du mot, il l’est par le sujet lui-même ; par le plaisir très vif que nous éprouvons toujours à être exactement renseignés, comme nous le sommes, par M. Le Roux, sur une manière de vivre qui nous est étrangère ou plutôt excentrique ; par la qualité de l’illustration, dont les couleurs ont l’air, si je puis dire, d’être fardées. Il l’est aussi par, le sérieux avec lequel M. Le Roux nous parle des Dompteurs et des Équilibristes, des Gymnasiarques et des Clowns. Je ne dis rien de la profondeur ou de la hauteur des considérations que lui suggère « le travail symétrique des barres fixes » ou celui de « la voltige en porteurs… »

Que si d’ailleurs vous préférez l’exercice du cheval à celui du trapèze et le bois de Boulogne aux Folies-Bergère, l’homme d’esprit qui se cache sous le pseudonyme de Crafty vous y servira de guide, et son Paris au Bois, également, publié par la librairie Pion, vous montrera la vie parisienne sous un autre aspect encore. Vous y apprécierez surtout ce qui manquait le plus aux Jeux du cirque : une difficulté de s’étonner, une ironie légère et souriante, un art de dire sans surfaire et d’indiquer sans appuyer, qui deviennent de jour en jour plus rares. Nous avons d’ailleurs assez souvent parlé des albums de Crafty pour qu’il soit inutile ici d’en parler plus longuement, et il suffit de dire de Paris