Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/722

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peut-être, toute proportion gardée, que Berlin, a, pendant la crise, absorbé une quantité considérable de titres de toute sorte, vendus par les spéculateurs des places atteintes, surtout de l’Extérieure, du Portugais et des valeurs américaines.

A Paris, à peine les effets de la crise anglaise se sont-ils traduits pendant deux ou trois jours par une réaction quelque peu sensible sur notre cote. La rente 3 pour 100 a fléchi de 95 à 94.25, c’est-à-dire au niveau du dernier cours de compensation. Mais, sous l’influence de demandes incessantes au comptant, le cours rond de 95 francs a été de nouveau atteint, puis dépassé. La rente reste à 95.10, après 95.30 au plus haut. L’Italien s’est déjà relevé de 93 à 93.57.

L’Extérieure 4 pour 100 a fait assez bonne contenance sous les ventes des Anglais. Il n’en est pas de même du Portugais 3 pour 100 qui a reculé jusqu’à 55 francs et ne s’est encore relevé qu’à 56 3/4. La situation financière du Portugal est très sérieuse, et on peut admettre que le service du coupon de janvier n’aura pas été assuré sans difficulté.

Les fonds russes ont payé un bien léger tribut à la faiblesse générale, le Hongrois s’est également tenu avec fermeté. Le Turc et les autres valeurs ottomanes ont au contraire fortement baissé. Mais la reprise dans les derniers jours a déjà effacé les traces de ce mouvement.

La Banque de Paris, le Crédit lyonnais, la Banque d’escompte, se cotent aujourd’hui à des cours plus élevés qu’au milieu du mois. Le Comptoir national d’escompte et la Société générale ont lancé, au milieu de la tourmente, une souscription à des obligations d’une compagnie de chemins de fer au Brésil. Quelle que pût être l’affaire en elle-même, elle ne pouvait réussir dans les circonstances du moment ; le succès a été, en effet, médiocre. Les actions de nos grandes compagnies ont gardé leurs plus hauts cours, celles des compagnies étrangères ont un mouvement de recul suivi d’une reprise. Les valeurs industrielles ont été assez négligées, mais n’ont, en général, que très peu fléchi sur les prix fort élevés qu’une spéculation spéciale leur avait fait atteindre dans ces derniers mois.


ESSAIS ET NOTICES.

Les Sens et l’Instinct chez les Animaux et principalement chez les Insectes, par sir John Lubbock. Paris, 1891 ; F. Alcan.


Enfans, nous avions accoutumé de considérer les animaux comme des personnes, — comme des êtres qui pensent, qui rusent, calculent, se souviennent, s’entendent entre eux, et le plus souvent contre nous. D’ailleurs La Fontaine était là qui s’en portait garant : il dit lui-même