Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/813

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Depuis le commencement du siècle, les études dantesques n’ont jamais été poussées par les érudits italiens avec autant d’activité qu’en ce moment : la récente création de deux nouvelles chaires de Dante, à Rome et à Naples, leur a donné un nouvel élan, et pendant ces dernières années, il ne s’est guère passé de semaine qui n’ait vu paraître quelque monographie, quelque commentaire ou quelque volume d’Essais exclusivement consacré à l’explication des difficultés de la Divine comédie ou de l’histoire de son auteur. Le caractère général de ces nombreux travaux diffère sensiblement des travaux accomplis jusqu’alors sur le même sujet.

En effet, la tâche des « dantologues » qui, vers la fin du dernier siècle et dans la première partie de celui-ci, contribuèrent à restaurer la gloire alors presque éclipsée du grand poète florentin, était très vaste, et par conséquent relativement facile. Il s’agissait d’abord de retrouver sa pensée noyée dans le flot des commentateurs qui, depuis deux cents ans, l’expliquaient sans le comprendre. Il s’agissait de marquer son rôle dans les événemens, dans la politique, dans la littérature et dans la philosophie de son époque, c’est-à-dire d’une époque oubliée, inconnue, dont l’histoire se perdait parmi les légendes obscures, et au milieu de laquelle il