Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/245

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garde à l’influence que pourrait exercer sur le marché le ralentissement, sinon l’arrêt complet des achats officiels de rente. L’arrêt aurait nécessairement lieu dès que l’excédent des retraits atteindrait un montant égal à la moyenne des arrérages du portefeuille pour la période considérée.

Actuellement, le 3 pour 100 français ancien est tenu avec fermeté. Au comptant et à terme, il défend son prix de 96 francs. On peut s’étonner, au contraire, de voir le 3 pour 100 nouveau, émis au début de cette année, se tenir à peine à 95 francs, soit à 1 franc environ au-dessous de l’autre, alors qu’il n’est libéré que de 60 francs, ce qui le rend plus léger aux porteurs de bonne foi, et que l’écart entre les deux fonds ne se peut plus justifier par des artifices de calcul.

Parmi les fonds étrangers, l’Extérieure d’Espagne a été particulièrement maltraitée. De 68 1/2 elle a été très offerte jusqu’à 66, sous le coup de la hausse du change à Madrid et à Barcelone, où l’agio de l’or a atteint, un jour ou deux, 13 pour 100. En même temps les actions des chemins de fer de la péninsule, Andalous, Nord de l’Espagne et Saragosse, étaient entraînées, avec leurs obligations de toutes catégories et de tous rangs hypothécaires, dans un mouvement de réaction qui avait bien sa raison d’être dans la préoccupation du change pour le paiement des coupons, mais que des appréhensions irréfléchies exagéraient sans mesure. Les Andalous ont reculé de 360 à 300, le Nord de l’Espagne et le Saragosse de 265 et 260 à 200. Des rachats ont eu lieu immédiatement, et les trois titres valent maintenant 345, 240 et 230. Les obligations ont repris d’autre part, presque intégralement, les cours où elles se négociaient au milieu du mois.

Le 4 pour 100 espagnol s’est relevé sur ses plus bas cours, et vaut 67 1/2. Des négociations sont engagées entre le gouvernement de Madrid et la maison Rothschild pour le renouvellement d’avances qui étaient remboursables en janvier prochain et la concession d’une avance nouvelle destinée à dégager la position fort embarrassée de la Banque d’Espagne. Malgré le déficit chronique des budgets espagnols, ce n’est pas sur le terrain financier proprement dit que se sont dressées les difficultés où le crédit du royaume est venu se heurter ; la crise actuelle est surtout monétaire. Les Espagnols ont racheté une grande partie de leur dette extérieure. Pour payer ces achats il a fallu exporter de l’or ; aujourd’hui il y a disette de métal au moment même où une loi autorisait une large extension de la circulation fiduciaire.

Le Portugais s’était tenu sans changement entre 37 et 37.40, lorsque la nouvelle d’une baisse du change à Rio-de-Janeiro a déterminé une nouvelle chute à 36.50. Le peu que l’on sait à Paris de la marche des affaires au Brésil n’est pas satisfaisant. La dépréciation du papier-monnaie s’aggrave et les cours des fonds publics accusent l’intensité