Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/246

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des inquiétudes qu’éprouvent les porteurs européens. Au commencement d’octobre, le 4 1/2 valait 76.75 et le 4 pour 100 70.75. A la liquidation du 15 courant, les prix correspondants ont été 73 et 68.50. Aujourd’hui ces deux fonds ne valent plus que 70 et 66.

Sur les fonds russes, la réaction a été lente, mais continue pour les rentes or, brusque et très forte pour la rente papier dite emprunt d’Orient. Tandis que le 4 pour 100 1880 n’a fléchi que de 97.80 à 96 francs et l’obligation consolidée des Chemins de fer de 96 à 94.50, l’emprunt d’Orient a été précipité de 69 à 65, entraîné par le rouble qui reste coté 208 marks, soit 260 francs or pour 400 francs papier.

L’Italien a perdu le cours de 90 francs qu’il avait gardé depuis plusieurs semaines ; les offres l’ont poussé même au-dessous de 89 ; il finit la quinzaine à 88.75.

Le Hongrois s’est bien défendu entre 90 1/4 et 90 1/2, le Turc a reculé de 17.90 à 17.50, mais la Priorité ottomane trouve preneur dès qu’elle se rapproche du cours de 400 francs. Les discours de M. Ribot à la chambre sur le budget du ministère des affaires étrangères et spécialement sur la question de l’occupation anglaise de l’Egypte, a provoqué quelques ventes d’obligations Unifiées.

Le marché des valeurs a été fort mauvais. Aux réalisations qui se produisent, correspondent peu d’achats nouveaux. Le public capitaliste n’a plus de goût pour les titres aléatoires ; il ne les prend que comme appoint à des placemens plus sûrs.

Les désastres du Comptoir d’escompte, de la Société de dépôts et les rumeurs relatives au peu d’entente qui régnerait entre les grandes sociétés de crédit, le tiennent éloigné de ces valeurs. Le Suez est à des prix trop élevés. Les actions des chemins de fer français n’ont plus aucune marge de hausse, celles des chemins étrangers peuvent voir leurs dividendes s’évanouir sous l’action du change. Les valeurs industrielles, qui devraient constituer un placement favori par excellence, ont causé jusqu’ici de nombreuses déceptions.

Aussi ne faut-il pas s’étonner, dans l’état d’incertitude et de malaise où se trouve le marché, de relever les baisses suivantes :

Suez, plus de 100 francs à 2,751.25 ; le Lyon, 10 francs à 1,472.50 ; le Nord, 37.50 à 1,752.50 ; l’Orléans, 35 à 1,472.50 ; le Midi, 30 à 1,260 ; l’Est, 15 à 896.25 ; le Gaz, 10 à 1,410 ; les Établissemens Decauville, 25 à 300 ; les Aciéries de France, 5 francs à 1,170, après un bond à 1,250 ; la Banque de Paris, 22.50 à 745 ; le Crédit lyonnais, 10 à 790 ; le Crédit mobilier, 12.50 à 255 ; la Banque d’escompte, 27.50 à 417.50 ; la Banque ottomane, 5 à 537.50 ; les Chemins lombards, 25 à 216.25 ; le Nord de l’Espagne, 22.50 à 240 ; le Saragosse, 25 à 228.75 ; le Rio-Tinto, 60 francs à 472.50.


Le directeur-gérant : CH. BULOZ.