Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/405

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de l’Egypte. Rien ne saurait plus clairement démontrer les vues du gouvernement de Sa Majesté sur ce point que la circulaire que j’ai adressée aux représentans de Sa Majesté près les cours des grandes puissances, le 3 janvier 1883.

« Cette dépêche fut écrite trois mois après que la bataille de Tell-el-Kébir eut permis aux forces britanniques d’occuper l’Egypte. Elle fut soumise au parlement anglais et communiquée aux puissances et à la Sublime Porte. Elle rencontra un acquiescement général. C’est dans cette dépêche que la déclaration fut faite que le gouvernement de Sa Majesté était désireux de retirer les forces britanniques dès que le permettraient la situation du pays et l’organisation de moyens convenables pour assurer l’autorité du khédive.

« Le gouvernement de Sa Majesté a maintenu et maintient cette déclaration. C’est avec regret qu’il a vu les circonstances s’opposer au développement des mesures prises en vue de cette évacuation ; il regrette également de constater que le moment n’est pas encore venu, dans l’intérêt de l’ordre et de la paix en Egypte, d’en retirer les forces britanniques.

« Il y a quelque difficulté à fixer une date précise à cette évacuation, d’autant plus que toute période ainsi fixée pourrait, à l’épreuve, se trouver ou trop longue ou trop courte. Mais le gouvernement de Sa Majesté, afin d’écarter toute espèce de doute à l’endroit de sa politique dans cette affaire, et eu égard aux déclarations faites par la France, s’engage à retirer ses troupes au commencement de l’année 1888, à condition que les puissances seront alors d’avis que l’évacuation peut se faire sans compromettre la paix et l’ordre en Egypte… »

S’il est, au procès, une pièce qu’il importait de produire, c’est assurément celle-ci, et on nous pardonnera d’en donner la partie la plus essentielle. Mais avant de nous y arrêter, disons, pour ne pas interrompre notre récit, que toutes les puissances ayant acquiescé à l’ouverture de l’Angleterre, la conférence se réunit à Londres, le 28 juin. Sa tâche avait été définie par la circulaire de lord Granville ; elle avait pour objet la révision de la loi de liquidation en vue de permettre au gouvernement égyptien de faire face à tous ses engagemens. Le plénipotentiaire de la Grande-Bretagne proposa une nouvelle distribution et un emploi différent des revenus ainsi qu’une réduction de l’intérêt de la dette ; il se fondait sur les données recueillies par les agens anglais, auxquels on avait remis le soin de mettre, disait-il, les choses au clair. Les agens financiers français en contestèrent l’exactitude, et ils crurent démontrer en outre qu’il n’était nul besoin de toucher aux garanties des créanciers et qu’on pouvait, à l’aide d’autres expédiens, pourvoir aux