Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/452

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reconnaissance soit tout entière engagée sous leur ligne de feux, pour la fusiller à bout portant.

La garde de ces repaires et de ces campemens est confiée à des hommes sûrs, bien armés et qui en forment la garnison permanente ; ces campemens sont couverts à plusieurs kilomètres de distance par de petits groupes de pirates placés sur tous les sentiers d’accès ; des espions, résidant dans les villages placés sous le canon même de nos forts, sont en outre chargés de renseigner les bandes sur les mouvemens, sur la force des détachemens envoyés contre elles. Divers moyens de communication assurent la transmission rapide de ces renseignemens : la nuit, ce sont de grands feux à éclipse, fonctionnant à la manière de notre télégraphe optique ; ou encore des ballons captifs supportant une éponge imbibée de pétrole enflammé ; ces ballons, en s’élevant à deux cents ou trois cents mètres et en s’abaissant à intervalles déterminés, produisent les signaux de convention. Le jour, ce sont des colonnes de fumée qui montent rapidement dans les airs et brusquement disparaissent ; elles sont obtenues en mettant le feu à de petits bûchers préparés d’avance et composés de paille et de substances résineuses auxquelles de la poudre est mélangée.

Enfin des précautions minutieuses, ainsi que l’atteste le règlement ci-dessous qui était placardé à la porte d’un avant-poste d’un campement de pirates du Bao-Day, sont prises pour interdire aux étrangers l’accès de ces repaires ou campemens ; comme sanction, tout individu soupçonné d’espionnage ou simplement suspect, surpris dans leur voisinage, est immédiatement mis à mort.

Arrêté du Dé-Doc, mandarin de l’Annam de 2e classe, du troisième degré, etc.

Les populations annamites étant en butte depuis plusieurs années aux exactions des barbares français, le haut empereur de Chine a résolu de mettre ordre à un état de choses aussi lamentable. Pour cet objet, il nous a confié les fonctions de Dé-Doc (général) des troupes de cette contrée. Nous avons établi notre camp dans cette région montagneuse où nous donnons rendez-vous à tous ceux qui veulent se joindre à nous pour lutter avec énergie pour la bonne cause.

Les habitans sont informés que nous avons ordonné à nos partisans d’avoir le plus grand égard pour leurs personnes et pour leurs biens ; qu’ils peuvent apporter en toute confiance, dans nos campemens, les denrées et les marchandises de toute sorte qu’ils ont à vendre et qui leur seront payées à un prix rémunérateur ; ils devront se conformer aux dispositions ci-après en ce qui les concerne :