Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/469

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accordés, en conformité des procédés que le gouvernement annamite emploie vis-à-vis de ses soldats.

Comme troupes européennes, quatre bataillons de légion étrangère et un bataillon d’infanterie de marine seraient en outre nécessaires.

Le reste des gardes civils servirait à organiser des brigades de gendarmerie indigène recrutées par les soins de l’autorité militaire parmi les sujets d’élite et mises par elle à la disposition de l’administration civile au même titre que la gendarmerie coloniale.

La création prochaine d’une armée coloniale permettra de n’expédier au Tonkin que des hommes faits, ayant une instruction militaire complète ; de laisser les officiers et la troupe y séjourner sans limite de temps et au minimum pour une durée de trois ans ; on réduira ainsi les frais de transport aujourd’hui si onéreux de nos troupes, et l’on pourra confier le commandement des postes à des officiers et à des sous-officiers ayant la connaissance du pays, et si c’est possible, de la langue annamite.

Il importe, en même temps, de favoriser l’étude de cette langue par les cadres, en leur faisant suivre des cours d’annamite en France comme dans la colonie.

Matériel. —Notre matériel d’artillerie ne répond qu’imparfaitement aux exigences de la guerre au Tonkin, aussi bien dans les régions montagneuses ou boisées que dans le delta, par suite de la conformation des villages et de la disposition des pagodes et autres édifices naturellement fortifiés du delta.

Dans bien des circonstances, le tir indirect ou en bombe est le seul possible ou efficace ; aussi est-on alors obligé, au risque de passer, aux yeux même de gens compétens, pour vouloir ressusciter les procédés de la guerre antique, d’avoir recours à notre vieux mortier de 15 millimètres, absolument insuffisant comme justesse et comme puissance. Nous sommes convaincu de la nécessité de trouver une pièce, démontable ou non, transportable en tout cas par coolies, qui permettrait de lancer à 500 ou 600 mètres un projectile à la mélinite de 18 à 20 kilogrammes, susceptible de bouleverser le système formidable de défenses élevé aujourd’hui, sur certains points, par des pirates. Dans bien des cas, l’emploi de l’une de ces pièces dispenserait de celui des autres canons actuellement en service.

Le fusil Lebel, que l’infanterie de marine possède depuis un an, rend au Tonkin les services qu’on en attendait ; son adoption est un appoint important qui équivaut à une augmentation d’effectifs. Cette arme a toutefois l’inconvénient d’être trop lourde et, en raison de sa longueur, lorsqu’elle est munie de la baïonnette, elle devient