Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/946

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qu’elles rappellent un peu l’opéra comique ou le grand opéra, je répondrais que c’est ce qu’il fallait pour l’ouvrage dont on a tiré le livret du Pré-aux-Clercs et celui des Huguenots : l’impression de l’un et de l’autre volume suffirait, d’ailleurs, à en faire ce que l’on appelle des publications de luxe.

Le Richard en Palestine [1] de Walter Scott, illustré par MM. de Richemont et Parys, est encore un beau livre, dont nous parlerions plus longuement si nous n’avions peut-être assez souvent signalé cette belle édition de Walter Scott dont Richard est déjà le vingtième volume. L’illustre baronnet, — dont les bons romans n’ont pas peut-être autant vieilli qu’on le veut bien dire quelquefois, — a-t-il été jamais mieux imprimé dans sa propre patrie et plus agréablement « illustré ? » Je ne le pense pas.

Nous avons gardé pour la fin un dernier livre : c’est celui du duc d’Orléans : Récits de campagne : Anvers, Mascara, les Portes-de-Fer [2], publié par ses fils, le Comte de Paris et le duc de Chartres, et illustré de deux cent cinquante gravures. Selon l’expression du duc de Chartres, dans la courte préface qu’il a voulu mettre en tête de ce livre, c’est bien « le journal d’un soldat, » mais d’un soldat qui se préparait jusque sur les champs de bataille à des destinées plus hautes ; et ce mélange en lui de raison politique et d’enthousiasme militaire est sans doute le grand intérêt de ces récits rétrospectifs, écrits de verve, sans apprêt, pour la reine ou pour la duchesse d’Orléans. On raconte que l’empereur Auguste disait un jour à l’un de ses petits-fils, en lui rendant un volume de Cicéron, qu’il avait surpris entre les mains de l’enfant : « C’était un honnête homme, — et qui aimait bien sa patrie ! » Quelles que soient les opinions de ceux qui liront ces pages du duc d’Orléans, c’est une justice qu’ils seront unanimes à lui rendre. Lui aussi fut « un honnête homme » et « qui aima bien sa patrie… » On s’est fait un scrupule de n’illustrer le présent volume qu’au moyen de documens du temps puisés dans l’œuvre des Raffet, des Dauzats, des Decamps, des Vernet, des Scheffer.


  1. 1 vol. in-8° ; Firmin-Didot.
  2. 1 vol. in-4° ; Calmann Lévy.