Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 25.djvu/138

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n’est plus de moi qu’il dépend, répondit-il, que votre cousin aille vous faire une visite… Cela dépend entièrement de la volonté de l’Empereur. Si Sa Majesté Impériale y trouve de l’inconvénient, nous abandonnerons cette espérance comme nous en avons abandonné beaucoup d’autres, non plus flatteuses mais qui paraissaient plus prochaines. Mais, si ce prince y donnait son consentement, quelque charmé que je sois de votre réponse, je sens qu’il me serait impossible de me refuser à la juste impatience de mon neveu et je suis bien sûr que personne n’y pourrait trouver à redire. »

La question restait donc en suspens, confiée au zèle de Mme de Chanclos qui promettait d’en entretenir l’Empereur dès son retour à Vienne. Disons, pour n’y plus revenir, que l’Empereur, qui ne rentra dans sa capitale qu’à la fin de septembre, approuva d’autant moins le projet du Roi que l’événement qui s’était accompli le 18 fructidor à Paris lui commandait plus de circonspection dans toutes les circonstances susceptibles d’attirer l’attention du Directoire, et qu’il considérait comme impossible que le Duc d’Angoulême arrivât et séjournât à Vienne incognito. En transmettant sa réponse au Roi, Madame Royale répéta ce qu’elle avait déjà dit. Le moment n’était pas favorable, il convenait d’attendre les événemens. « Je me perds quand je veux découvrir dans l’avenir. Il me paraît que tout va toujours plus mal, et à peine a-t-on un moment d’espoir que tout de suite, les choses redeviennent plus mal comme à présent, car, il y avait bien de quoi espérer. Les émigrés et les prêtres rentraient en France, tout paraissait aller bien. A présent, je crois qu’on y est plus mal que jamais. C’est une chose terrible. »

Le Roi ne pouvait que se résigner. Mais, sans rendre sa nièce responsable de la réponse de l’Empereur, il s’inquiéta de l’empressement qu’elle mettait à approuver la décision impériale ; et le soupçon qu’à Vienne on n’eût pas renoncé à « autrichienniser » Madame Royale, de nouveau, s’empara de lui et de d’Avaray.


II

Au cours de ces incidens, le Roi ne perdait pas de vue les intérêts matériels de sa nièce et les dispositions à prendre pour assurer des ressources au futur ménage.