Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/576

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plus essentiels et les plus constans des plantes et par lesquels on vient le mieux à bout de les classer. Je vous offris pour premiers objets cinq ou six familles des plus nombreuses et des plus saillantes du règne végétal et je tâchai d’accoutumer vos yeux à démêler et distinguer leurs parties essentielles en attendant que vous y pussiez reconnaître cet air de famille qui les distingue même sans fructification, mais qui ne frappe que les yeux suffisamment exercés.

A la distance où nous sommes les uns des autres, ne pouvant vous montrer les objets dont il s’agissait, je cherchais à vous les indiquer de façon que vous pussiez les trouver vous-même, mais je ne tardai pas sentir que cette indication avait de plus grandes difficultés que je n’avais prévu ; que quelque communes que fussent les plantes d’où je tirais mes exemples, je n’étais point sûr que vous les connussiez, ni, quand vous les connaîtriez, que ce fût sous le même nom que j’employais à les désigner, ni enfin qu’elles se trouvassent sous votre main au moment où vous en auriez besoin pour m’entendre. Je tâchai d’obvier à toutes ces incertitudes par le nombre, espérant que, parmi tout ce que je vous nommais, il se trouverait du moins quelque chose que vous pourriez examiner ; je n’ai jamais su si j’ai réussi quelquefois, et je suis par exemple encore en doute si vous connaissez une seule ombellifère.

Voilà, pour commencer l’étude de la botanique (car je ne vous dissimulerai pas que vous n’en êtes encore qu’aux préliminaires), une difficulté qu’il faut lever de manière ou d’autre. J’ai pensé pour cela à vous proposer de commencer un herbier pour votre usage, et de m’envoyer un échantillon de chaque plante que vous y feriez entrer. Chaque plante que vous m’envoyez et que je vous suppose bien connue, par des observations attentives et réitérées, me fournit, en vous en envoyant le nom, un moyen certain de me faire entendre sans équivoque lorsque j’aurai à vous parler de quelque chose appartenant à la structure de cette plante. Mais ce moyen devient d’une extrême longueur, tant par le peu de temps que vos occupations vous permettent de donner à cet amusement, que par le grand soin que vous donnez à l’échantillon que vous m’envoyez. Au lieu de le coller aussi proprement que vous faites, il suffisait de m’envoyer un rameau desséché et non collé, qui eût feuilles et fleurs ; quand même il serait un peu chiffonné, je viendrais bien à bout