Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/588

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corvée de son hôte et parent, c’eût été pour elle une rude épreuve ; mais ses deux filles après cela ! Je vous assure que je sens bien tout ce qu’elle et vous avez dû souffrir.

Bonjour, chère cousine, pour ma femme et pour moi, et n’oubliez pas que nous attendons un mot l’un et l’autre avec impatience.

Il y a une quinzaine de jours tout au plus que j’ai reçu vos plantes, qu’on m’a dit avoir été oubliées au fond d’une caisse. Je vous enverrai les noms sitôt que la belle saison et plus de tranquillité vous rappelleront à Fourvière et à la botanique.

A Madame de Lessert.

A Paris, 28 mai 1774.

Le dernier cadeau, chère cousine, que ma femme a reçu de vous, méritait assurément bien un prompt remerciement ; et l’ouvrage de l’aimable Madelon, qui est un chef-d’œuvre pour son âge, et qui fait l’admiration aussi bien que la parure de ma femme, méritait bien son éloge et le mien ; mais j’ai toujours remarqué avec peine que l’obligation d’écrire m’en diminuait l’empressement : de si fréquens remerciemens commencent à devenir embarrassans à faire ; ils ont enfin rendu nécessaire une explication sur les cadeaux de toute espèce, qui me coûte infiment avec vous. Et j’avoue, chère cousine, que si, vous en tenant là désormais sur cet article, vous vouliez bien m’épargner par là cette explication, vous soulageriez mon cœur d’un grand poids.

Au plaisir d’embrasser votre cher mari et de le voir arriver en bonne santé, s’est joint le regret d’apprendre que nous ne le posséderions ici que bien peu de temps, — encore de ce peu son voyage d’Amiens nous en a-t-il ôté une grande partie ; mais puisqu’il part pour retourner auprès de vous, je n’en dois pas murmurer, et je préférerai toujours votre bonheur mutuel à mon plaisir.

Je lui remets un petit échantillon d’herbier commencé depuis longtemps, maintenant achevé à la hâte, et que j’ai mieux aimé laisser imparfait que de manquer cette occasion de vous le faire passer. Ce petit essai est destiné pour l’aimable Madelon, qui pourra le continuer et l’enrichir à son aise si elle conserve assez de goût pour la botanique pour s’en occuper quelquefois. Je suis