Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/599

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bambins ; voilà votre aimable fille en état d’être bientôt la gouvernante des autres ; c’est un soulagement dont vous devez profiter. J’apprends que la digne maman se porte à merveille ainsi que vos chères sœurs. C’est n’être pas malheureux en tout que de voir mes vœux accomplis autour de vous ; puissé-je avoir toujours la même consolation !

Ma femme se porte passablement. Ma santé décline un peu depuis quelque temps ; mon estomac se délabre : ainsi n’envoyez plus de marrons, car ils ne sont plus du régime auquel je suis obligé. M os amitiés respectueuses à l’excellente maman ; nous embrassons tendrement ses chères et charmantes filles, la vôtre et tous vos enfans, et jugez des sentimens dont nous sommes pleins pour vous et votre autre moitié par ceux qui rejaillissent sur tout ce qui vous touche.

[A Madame de Lessert.]

[Paris], 8 mars 1776 [1].

Votre lettre, chère cousine, est venue à propos et m’a fait un grand plaisir. Ne doutez jamais que votre sincère amitié ne me soit toujours précieuse. Jamais, en fait d’amitié et de sincérité, Rousseau né fut en reste avec personne. Et il ne voudrait pas commencer par vous. Je vous aimerai toujours, quoi qu’il arrive, vous, votre bonne maman, vos aimables sœurs, et tout ce qui vous appartient, quand même ce ne serait pas un retour. Bonjour, cousine, ménagez-vous et faites-moi donner de bonnes nouvelles quand il en sera temps.

Ma femme vous prie d’agréer ses salutations.

  1. Ce billet n’existe qu’en copie dans le dossier : une note nous apprend que l’original a été donné à M. Deluze.