Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/695

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raison maintenant, comme on vient de le voir, de compter, chez les Russes, sur celle volonté. La Conférence de Berlin ne manquera pas d’accentuer encore ces dispositions. La Russie, quoique non adhérente à l’Union, y sera représentée. Dans toutes les grandes assises internationales, elle a joué un rôle prépondérant. Ses délégués cette fois assisteront seulement aux discussions. Du moins ils y puiseront la certitude que l’œuvre qui s’y élabore est féconde entre toutes.

La Convention de Berne sortira certainement meilleure des travaux qui vont se poursuivre à Berlin. Ce sera l’avantage le plus sensible de cette Conférence. Il en est un autre, moins apparent, mais aussi sûr, et que l’on a le droit dès à présent d’escompter. Rien n’est plus utile, pour affermir la paix, que ces rapprochemens qui assurent d’un pays à l’autre l’estime réciproque et, sinon de l’amitié toujours, du moins le sentiment qu’ils peuvent, et doivent travailler ensemble à créer plus de bien-être et plus de moralité. Nulle cause n’est mieux faite que celle de la propriété intellectuelle, pour convaincre les hommes qui la défendent que tous les peuples civilisés ont entre eux un lien, dont ils sont justement fiers et qu’ils ont à cœur de fortifier, celui des droits de la pensée.


Louis DELZONS.