Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/773

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Nicolas Ier et Louis-Philippe [1]


Le nombre des Mémoires historiques et des histoires détaillées, consacrés à la Révolution de juillet 1830 et au règne de Louis-Philippe, est très grand : néanmoins, cette époque présente un intérêt si vif pour l’histoire politique de l’Europe que des recherches nouvelles sont toujours bien accueillies. Cela est d’autant plus vrai que beaucoup d’événemens sont encore mal éclaircis, soit qu’on en connaisse insuffisamment les détails, soit qu’on les interprète mal. Des accusations réciproques ont été souvent prononcées sur les rapports de Louis-Philippe et de Nicolas Ier, et l’histoire n’a pas encore dit à ce sujet son dernier mot. Les relations entre la France et la Russie ont été beaucoup plus à cette époque des relations personnelles entre le roi Louis-Philippe et l’empereur Nicolas Ier que des relations politiques entre les deux pays. Les deux nations avaient une vraie sympathie l’une pour l’autre ; cependant les rapports entre les gouvernemens étaient tendus et toujours prêts à provoquer un éclat. Comment expliquer cet étrange phénomène ? De nouveaux documens permettent aujourd’hui de répondre à la question. Il n’y a aucun doute que les senti mens d’irritation, et presque de haine, que l’empereur Nicolas Importait à la révolution de 1830 et à Louis-Philippe ont été la cause de froissemens continuels

  1. L’auteur de cette étude, membre correspondant de l’Institut de France, publie depuis 1874 un Recueil des traités et conventions conclus par la Russie avec les puissances étrangères avec des esquisses historiques composées sur la base des actes diplomatiques des Archives du Ministère des Affaires étrangères de Russie. Les esquisses qui suivent sont empruntées au quinzième volume qui est sous presse et qui contient l’exposé des relations diplomatiques entre la Russie et la France depuis 1823 jusqu’à la fin de l’année 1857 et les traités et conventions jusqu’à nos jours.