Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 51.djvu/662

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ferrée. Les routes, sans être exceptionnellement bonnes, sont cependant bien entretenues, même dans les districts les plus montagneux. Il m’a souvent été donné de les parcourir juste après la fonte des neiges ou à la fin d’une période particulièrement pluvieuse, c’est-à-dire au moment où elles devaient être dans le plus mauvais état, et partout je les ai trouvées carrossables.

Depuis le 2 avril 1908, afin de suppléer à l’insuffisance très relative des chemins de fer, le gouvernement italien subventionne une société sarde qui va faire rayonner sur les routes de la province de Sassari (administrativement, la Sardaigne est divisée en deux provinces, celle de Sassari et celle de Cagliari), des automobiles destinés à la poste, au transport des voyageurs et des marchandises, moyennant des prix modérés fixés au cahier des charges ; la subvention annuelle est de 400 francs par kilomètre. Si l’expérience réussit, il est probable que cette innovation sera étendue à la province de Cagliari, et ainsi, petit à petit, l’ancien et lent service des diligences sera remplacé par des moyens de locomotion plus rapides.

La grande Société de Navigazione Generale Italiana a, elle aussi, multiplié ses lignes, soit entre les différens ports de l’île, soit avec le continent, soit avec la Sicile et la Tunisie ; nous trouvons en effet des services côtiers bien organisés, desservant, d’une part, Gênes, Terra Nova, Siniscola, Orosei, Dorgali, Tortoli, Muravera, Cagliari, et, de l’autre, Cagliari, San Antioco, Carloforte, Oristano, Bosa, Alghero, Porto Torres, d’où l’on peut se rendre à Livourne et à Gênes, en passant par les bouches de Bonifacio. Un service rapide excellent avec départ journalier dans les deux sens réunit Civita Vecchia, c’est-à-dire Rome, à Golfo d’Aranci. Cette traversée sur des bateaux très bons demande de onze à douze heures. Enfin Cagliari est en relations régulières avec Naples, la Sicile et Tunis.

Chemins de fer, routes, lignes de navigation ne sont pas sans coûter très cher au gouvernement. Ce n’est qu’avec de grosses subventions qu’il est possible de faire circuler des trains souvent à peu près vides, de faire naviguer des bateaux dont les cales sont peu chargées de marchandises et les cabines inoccupées. Malgré cette bonne volonté et ce souci de leurs intérêts, j’ai toujours été frappé à chacun de mes voyages, en causant avec des Sardes de toutes conditions, paysans ou habitans des villes, pauvres gens ou propriétaires aisés, de la désaffection