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personne ne se servait en dehors de quelques fonctionnaire dociles et disciplinés. On conçoit sans peine quelles entraves cette anarchie apportait au libre développement du commerce.

Le gouvernement a résolu d’opérer, là aussi, une réforme assurément nécessaire, et tous ses représentans à l’étranger ont reçu l’ordre d’étudier les systèmes de mesure en usage dans les divers pays auprès desquels ils étaient accrédités, afin de fournir sur eux des rapports explicites et circonstanciés. Aussitôt avertis, les commerçans anglais, à qui n’ont pas échappé les conséquences heureuses qu’aurait pour eux l’adoption des mesures britanniques, ont organisé un vaste pétitionnement et ont signalé au ministre de Chine à Londres les avantages multiples que son pays obtiendrait s’il consentait à mettre les mesures nouvelles dont il étudiait l’adoption en harmonie avec celles de la nation qui est sa principale cliente. Malgré cela, les argumens présentés par le ministre de Chine à Paris ont prévalu. Toutefois, comme une mesure radicale eût encore accru les difficultés pratiques dans un Empire aussi vaste et aussi divers, le gouvernement chinois a décidé que « les unités du système officiel chinois seront dorénavant exprimées par leurs rapports numériques avec les unités métriques de même espèce, et que l’unité de longueur sera prise, par définition, exactement égale à 32 centimètres. » En fait, les étalons métriques sont maintenant les étalons fondamentaux du système chinois, et il se trouve que les rapports entre les mesures de mêmes genres sont, pour la plupart, décimaux.

On voit quel est le chemin parcouru par la Chine depuis la guerre russo-japonaise, et sous quelles formes variées se manifeste le mouvement en faveur des réformes. Il nous reste à nous demander quelle en est la force, à quels obstacles il se heurte et s’il a des chances d’aboutir.


Rouire.