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Cent ans d’indépendance – L’Amérique depuis 1810


Le 23 mai 1810, à Buenos-Ayres, une assemblée extraordinaire de notables habitans exigeait la démission de Cisneros, vice-roi récemment arrivé d’Espagne, et constituait une sorte de comité de salut public ; pour la première fois, dans l’histoire des colonies espagnoles d’Amérique, un pouvoir local se substitue à l’autorité métropolitaine, après l’avoir proclamée déchue. Dès 1809, Quito, qui revendique le titre de première née de l’indépendance, avait esquissé un mouvement d’émancipation, mais Jeux patriotes avaient payé de leur vie cet effort prématuré, et Buenos-Ayres, qui ne se borna pas à des intentions, a vraiment inauguré 1ère nouvelle ; c’est à bon droit qu’elle célèbre comme fête nationale l’anniversaire du 25 mai.

La Junta devant laquelle dut s’incliner Cisneros avait été convoquée par lui-même. La situation était grave, en effet, pour l’Espagne alors occupée par les troupes françaises ; le vice-roi représentait le gouvernement précaire des Cortès protestataires, qui se réclamaient encore de leur fidélité à la dynastie de Bourbon. Les coloniaux suivraient-ils la même bannière ? Il n’eût fallu sans doute, pour les y décider, qu’un peu de diplomatie et de complaisance, niais les Cortès n’étaient guère mieux instruites des réalités américaines que les ministres de Charles IV ; en échange du loyalisme qu’il réclamait d’eux, Cisneros ne pouvait