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Les forces chinoises en 1910


Le réveil de la Chine est partout admis comme un fait indiscutable. A travers cette image, l’Européen voit apparaître, dans un avenir que l’exemple du Japon lui montre rapproché, un État organisé sur un modèle peu différent de celui des nations occidentales et pourvu de leur outillage scientifique, industriel et militaire. Cet Etat pèserait alors sur les destinées du monde, du poids de ses quatre cents millions d’habitans.

L’épouvantail agité par certains écrivains et nommé par eux « le Péril Jaune » est né de cette conception. Dans quelles limites l’état actuel de la Chine permet-il de la justifier ? S’il est admis que l’influence extérieure, la force d’expansion, sont des fonctions de la puissance militaire, quelle est la force actuelle de l’Empire Chinois et que sera-t-elle dans quelque temps ? L’énumération des élémens de combat et des formations projetées serait insuffisante. Le nombre est loin d’être le facteur essentiel. L’esprit de la nation, son moral, son patriotisme, sont autrement importans. Il est donc nécessaire d’examiner à ce point de vue la situation de la Chine. L’accroissement qu’elle essaie de donner à son état militaire, le résultat qu’elle peut en attendre seront alors plus exactement appréciés.

L’éthique d’un peuple dirige ses tendances, le pousse à l’action ou l’incite à l’inertie. Des peuples très divers comme races peuvent être très unis par leur éthique. Lorsque celle-ci s’est fixée depuis des siècles, il en résulte une mentalité de même ordre, commune à tous. Les religions donnent cet