Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/590

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d’officiers supérieurs. Malgré leurs réclamations, car une source importante de profits disparaît ainsi, les vice-rois et gouverneurs ne peuvent plus nommer que les officiers subalternes. Tout récemment encore, chaque province avait son armée particulière ne relevant que de la plus haute autorité civile. La nouvelle organisation les fond toutes en une seule armée nationale sous les ordres du prince Tao. L’ancienne armée comprenait : les huit bannières mandchoues ; l’armée chinoise de l’Etendard vert ; les milices, mongoles et tibétaines ; les milices rurales ; les gardes particulières des mandarins. Toutes ces formations ont maintenant disparu et sont remplacées par : 1° l’armée de terre destinée aux opérations ; 2° l’armée de police ; 3° les troupes auxiliaires de police ; 4° la Garde impériale ; 5° la gendarmerie. En raison de l’étendue de l’Empire, les troupes recrutées dans les provinces y tiennent garnison. Ce sera un grave danger en cas de rébellion. L’action administrative du ministre de la Guerre, sur les provinces, s’exerce par l’intermédiaire des directions militaires provinciales sous les ordres des vice-rois ou gouverneurs. Ceux-ci délèguent leurs pouvoirs à des mandarins civils incompétens. Les dépenses de l’armée s’élèvent en ce moment à 210 ou 220 millions de francs. Lorsque les 37 divisions de l’armée nouvelle seront formées, en 1913 dit-on, les dépenses atteindront au moins 330 millions. La réorganisation problématique des finances de l’Empire permettra-t-elle de les trouver ? En attendant, chaque province doit pourvoir, par ses propres moyens, à la formation et à l’entretien des troupes tant anciennes que nouvelles, aux dépenses de l’armée de police et des troupes auxiliaires de police. Il est douteux que les vice-rois et gouverneurs puissent réunir les sommes nécessaires à l’achat du matériel des nouvelles formations et à l’entretien des troupes actuelles sans pressurer les populations au-delà de ce qu’elles voudront supporter. L’insurrection de 60 000 habitans de Weï-nan, à cinq jours de marche de Cheng-fou, province de Cheng-tong, signalée dans le Straits Times du 12 février 1910, a été causée par une tentative d’augmentation des taxes. Les provinces doivent en outre envoyer, par l’intermédiaire du ministre des Finances, les sommes destinées au ministère de la Guerre pour les dépenses de l’administration centrale des écoles, des arsenaux dépendant de Pékin, des quatre divisions de l’armée de la capitale… etc. Le