Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/849

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l’Afrique occidentale allemande, il ne s’agit point de la répéter. Sans doute, l’Afrique du Sud entend diriger elle-même sa politique congolaise, mais encore faut-il que la métropole ne l’entrave point par des engagemens qui enchaîneraient ses ambitions…

Nous n’exagérons point ; ce sont là les termes, en tout cas, le ton et le sens de la polémique de la presse sud-africaine en cette matière. Bornons-nous à l’analyse rapide d’un article paru dans le Transvaal Leader et intitulé : Pour demain.

L’auteur constate tout d’abord avec satisfaction que « l’intérêt porté par les Africains du Sud et en particulier, les Transvaaliens, à la question du Congo sera ravivé par les télégrammes arrivés hier de Londres et nous informant que le gouvernement impérial est décidé à ne prendre aucun engagement au sujet de l’avenir de l’Etat du Congo sans avoir, au préalable, sondé et pris en considération l’opinion sud-africaine. »

Cette opinion, la voici. Depuis la mort de Cecil Rhodes jusqu’au discours de sir Phillipps, « peu de personnes, en Afrique du Sud, se préoccupaient des destinées commerciales et politiques des régions situées au Nord de notre pays. » Mais aujourd’hui, tout est changé et avec la confiance dans nos destinées, « nous est venue, ou plutôt revenue la conscience de ce fait que l’avenir de ces territoires du Nord nous touche de très près et intéressera nos enfans d’une façon plus intime encore. Nous ne pouvons que nous réjouir de voir le gouvernement impérial d’accord avec ceux que préoccupent sérieusement les rapports possibles entre une Afrique du Sud unie et l’Etat du Congo, et espérer que la ligne de conduite si malheureusement adoptée à l’égard de ce qui est aujourd’hui l’Afrique occidentale allemande ne sera plus suivie cette fois [1]. »

Les hommes d’Etat de l’Afrique du Sud comme ceux d’Angleterre s’opposeraient d’ailleurs à tout accroissement des difficultés ou des charges de la confédération sud-africaine, et « une garantie donnée de l’intégrité des possessions belges au Congo, constituerait à coup sûr une aggravation, pour elle, de la situation présente. Cette garantie serait d’autant plus inutile à donner que la Belgique n’a rien à nous offrir en échange [2]. »

  1. « And hope that the policy unfortunately adopted in regard to whot is now german South-West-Africa will not be followed now. »
  2. « It would seen all the more unnecessary inasmuch as Belgium has nothing to offer in exchange. »