Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 19.djvu/441

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Il commande à la fois, aux hommes, aux Génies,
Tous les démons du ciel suivent ses étriers,
Par-dessus ses drapeaux s’étendent, infinies,
        Des légions d’anges guerriers.

Son parasol tiendra l’univers sous son ombre,
Le Levant, le Ponant trembleront à sa voix ;
Il fera flamboyer, sur des terres sans nombre,
        Le croissant, vainqueur de la croix.

Déjà, le Sous entier, par les youyous des femmes,
Acclame en El Hiba le chérif couronné :
Un vent de guerre sainte enfle les oriflammes
        De son souffle prédestiné.

Les tribus des déserts, celles des hautes plaines,
Artisans et tolbas, laboureurs, chameliers,
Le poignard aiguisé, poires à poudre pleines,
        Accourent vers lui par milliers.

Serrés comme le sable et les galets des plages,
Encombrant les chemins qui montent vers le Nord,
Ils attendent les jours des farouches carnages,
        Ceux de leur gloire ou de leur mort.

Ils attendent les jours des rudes représailles,
Où les chrétiens seront rejetés à la mer,
Où l’on verra rouler la meule des batailles,
        Sur le sol rouge de leur chair.




Ô mes frères, demain, vous verrez apparaître,
        Tourbillonnantes, ces harkas,
Que le Sultan Hamed El Hiba, notre maître,
        Dirige vers les saints combats :
Que chacun prenne alors son fusil et sa poudre,
        Son chapelet et son Coran,
Qu’il selle son cheval, plus ailé que la foudre,
        Et crie : « Allah, toi seul es grandi »