Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 26.djvu/683

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


une mine turque. Il est question de débarquer ses 10 pièces de 280 millimètres et de les utiliser aux Dardanelles. Ce serait une affaire de longue haleine !… Le Breslau semble très fatigué. Ses chaudières sont à bout de souffle. Restent les deux anciens cuirassés allemands, qui portent depuis quelques années les noms de Kaïreddin Barbarossa et de Torghout-Reïss mais dont on n’a, pour ainsi dire, plus entendu parler, les deux petits croiseurs Hamidieh et Medjidieh, aussi fatigués que le Breslau, car ils avaient beaucoup donné dans la guerre des Balkans, enfin quatre grands torpilleurs du type Schichau. Il n’est pas probable que ces éléments de très douteuse valeur puissent jouer un rôle bien efficace dans la défense de Constantinople.


Des effectifs qui vont figurer, à terre, dans les opérations que prépare le bombardement des Dardanelles, il serait difficile de dire quelque chose de bien précis. Du côté turc, outre les cinquante mille hommes, — chiffre très approximatif ! — qui coopèrent à la défense du détroit, il est question de cinq corps d’armée, formant une masse de hommes environ, qui seraient concentrés autour de la Capitale, sur les deux rives du Bosphore.

Mais deux de ces corps seraient encore en route, ayant été tirés de l’armée qui s’était fait battre si piteusement sur le canal de Suez et qui est remontée en Syrie. S’il en est ainsi, une vigoureuse diversion exécutée dans le fond du golfe d’Alexandrette, où passent le chemin de fer et la grand’route d’Anatolie, compléterait heureusement celles que les alliés opèrent en ce moment dans le golfe île Smyrne et dans celui d’Adramyte, beaucoup plus voisins des Dardanelles.

Je viens de dire, à propos des élémens concentrés à Constantinople, que ces forces occupaient les deux rives du Bosphore, : Ce n’est pas, en effet, une des moindres difficultés auxquelles se heurte l’état-major germano-turc que cette nécessité de partager sa musse centrale en deux fractions séparées par un bras de mer, — sur lequel il n’y a pas de pont, on le sait, — et auxquelles il faut bien donner une force à peu près égale, tant qu’on n’aura pas d’indication nette sur le point où se produira le principal effort de l’adversaire. Pour le moment, rien ne le révèle. Une fois maîtres des Dardanelles et de la presqu’île de Gallipoli, qui sera leur place d’armes obligée, les