Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/288

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présentée par la générale Pille ainsi que sa fille aînée [1]. J’y ai vu mesdames Lambert et Pannelier qui m’ont chargée de te dire mille belles choses. Mme Petiet a enfin pris sur elle de me faire une visite. Elle me la fit vendredi au soir et, samedi, nous dînâmes ensemble chez la princesse. Le soir, on fit de la musique et on valsa un peu. On saute à présent beaucoup. Depuis que nous avons quitté Paris, la danse a totalement changé. Ce sera des nouvelles leçons que tu auras à prendre, mais tu seras bientôt au fait. Isidore m’a bien priée de te dire qu’elle ne t’a point oubliée et qu’elle t’aime toujours de tout son cœur. C’est aujourd’hui jeudi et jour de cercle et tu penses qu’il faut que je m’y trouve.

« Le Couronnement est renvoyé au 15 frimaire et beaucoup croient qu’il n’aura lieu qu’à Noël. On m’a dit que M. de Melzi [2]devait venir au couronnement. »

On pense bien qu’avec l’existence qu’elle mène, Mme Saint-Cyr a dû quitter Maisons. Elle a pris un appartement au Grand Hôtel du Nord, rue Richelieu. Elle écrit le 14 brumaire (5 novembre) : « C’est aujourd’hui [lundi] que je reprends mon service. C’est le jour de grande représentation. Tu devrais ces jours-là faire toilette et t’imaginer être à côté de moi à faire les honneurs. Tel est notre emploi. Je suis allée à Saint-Cloud jeudi dernier parce que je reçus un billet de l’Etat-major qui nous avertissait que l’Impératrice recevrait, à huit heures et demie, les dames des généraux qui avaient déjà eu l’honneur de lui être présentées. Elle fit le tour des deux salons qui étaient pleins de monde, dit un mot à chacune et se retira dans ses appartemens à neuf heures un quart. Voilà tout l’emploi de ma semaine. »

Le 21 brumaire (12 novembre), on est enfin fixé sur la date de la cérémonie. « On dit, écrit Mme Saint-Cyr, que le Couronnement doit avoir lieu le 11 prochain. L’ordre pour les généraux est parti hier. Ils doivent être à Paris le 7. Tu vois qu’on ne leur donne pas le temps de délibérer. Au reste, je crois que sur qui que ce soit que le sort tombe, leur empressement prouvera combien ils désirent se trouver à une cérémonie qui ne se voit pas tous les jours. Le général Murat me demande

  1. Louis-Antoine Pille, commissaire des guerres en 1767, volontaire en 1790, général de division en 1795, mort en 1828.
  2. Vice-président de la République italienne, plus tard duc de Lodi.