Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 46.djvu/290

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Roye ; les dragons de la Tour ont pu, tant bien que mal, entre ces voisins mal assurés, sauver la face et manquer le trou entre Saint-Aurin et Dancourt, Sud-Ouest de Roye Mais voici la 56e en position, à laquelle les vaillants cavaliers se rallient après avoir couvert son installation ; elle tient le front du Sud-Est de Roye, où elle se lie plus ou moins à la gauche d’Humbert, à Pierrepont, où elle recueille des Anglais.

C’est la 133e division qui est chargée d’organiser la ligne de l’Avre entre Braches et Moreuil : si la 56e est accourue de l’extrême droite de notre front, — région de Lure-Belfort, — la 133e, elle, accourt de l’extrême gauche, puisque, avec la seule 20e, elle représentait encore la veille l’armée française dans la région du Nord ; elle ne débarquera que le 26, mais, dès le 25, son quartier général fonctionne à Moreuil, car partout les états-majors précèdent leurs troupes. De Moreuil, elle cherche à se lier avec les Anglais qui se maintiennent péniblement de Cayeux-en-Santerre à Arvillers, couvrant d’une façon incertaine le, plateau d’Hangest, au Sud-Est. Heureusement, derrière nos alliés, la ligne de l’Avre se fortifie ; car, pour renforcer la liaison entre les deux vaillantes divisions d’infanterie, la 4e de cavalerie (général Lavigne-Delville) vient à son tour de débarquer à Moreuil, et de tous ces éléments, Mitry fait une solide barrière. En avant de cette ligne, tout est confusion : profitant d’une brèche existant dans le front anglais entre la route Guerbigny-Andechy et le bois de la cote 100 à l’Ouest d’Erches, des reconnaissances allemandes assez fortes de cavalerie et d’infanterie se sont avancées hardiment. Les traits abondent, caractéristiques d’une situation mal fixée. Elle parait plus sombre encore depuis que, d’une part, Roye est tombé entre les mains de l’ennemi, que, d’autre part, le repli des Anglais dans le Santerre peut d’un moment à l’autre découvrir Moreuil. Entre Moreuil et Roye, il faut qu’à tout prix on essaye de défendre l’Avre.

La petite rivière court de Roye à Pierrepont par Saint-Aurin, Guerbigny, Warzy, Davenoscourt, de l’Est à l’Ouest ; recevant à Pierrepont la riviérette des Trois-Doms qui lui arrive de Montdidier par Gratibus, elle se redresse brusquement vers le Nord et court à la Somme par Braches, Moreuil, Castel et Boves, entre lesquels elle reçoit la Luce qui, venue de l’Est, du Santerre, a arrosé Cayeux, Hangard, Domart. Le cours supérieur de l’Avre,