Page:Revue des Deux Mondes - 1919 - tome 51.djvu/940

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le poste de T.S.F. de Lyon située à une certaine distance de la première et opérant de même. Elle déterminera, elle aussi, une direction suivant laquelle se trouve l’aéronef. Or le recoupement de ces deux directions, — que les deux stations se communiquent téléphoniquement ou télégraphiquement, — fournit immédiatement la latitude et la longitude exacte de l’aéronef et il ne reste plus qu’à les lui faire connaître radiotélégraphiquement. N’est-elle pas élégante, simple et étrange cette méthode qui consiste pour un aéronef perdu dans l’espace et dans la nuit à demander sa propre situation à une station éloignée ? N’est-ce pas une des plus jolies applications de la physique à la guerre… demain à la paix ?

Le téléphone lui-même est devenu aujourd’hui un des bénéficiaires de l’audion, car, grâce à celui-ci, l’intensité des courants téléphoniques peut être considérablement multipliée. C’est ainsi que, grâce à l’audion, le problème de la téléphonie à grande distance par câbles sous-marins ou souterrains, naguère insoluble, est en voie d’être résolu.

Mais ceci nous éloignerait de notre sujet. Ce qui nous y ramène au contraire, c’est l’emploi de l’audion pour améliorer les communications téléphoniques au front de combat. Grâce à l’audion amplificateur et à sa grande sensibilité, des lignes téléphoniques coupées ont vu rétablir leur transmission, sans réparation, simplement en enfonçant en terre les deux tronçons du fil coupé alors que la coupure était très étendue.

Dans un ordre d’idées voisin, il me reste à parler de la T. P. S. mode de liaison nouveau qui a rendu de grands services dans la seconde partie de la guerre, et qui, bien qu’imité ensuite par l’ennemi, a été mis au point surtout par les techniciens français et notamment par le général Ferrié, directeur de la télégraphie militaire.

La T. P. S. (il y a eu beaucoup d’initiales dans cette guerre… en attendant la grande finale) est une méthode télégraphique. Les Champollion de la hiéroglyphie militaire nous diront que ces trois lettres mystérieuses sont les initiales de la Télégraphie par le sol si nous voilà tout de suite éclairés sur la nature du nouveau moyen de communication dont il s’agit.

Les Allemands l’ont employé après nous, mais aussi bien que nous ; ils ont fait à son sujet des instructions dont une très détaillée du général von Galwitz est tombée naguère entre nos mains. On peut donc en parler librement, d’autant que la guerre est finie pour le moment du moins.