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réserve de traitement. Pour préciser, la France mit en ligne, dès les premiers jours de la guerre, des hommes de trente-deux ans, tandis que l’Allemagne n’envoyait sur le front, au même moment, que des réservistes ne dépassant pas l’âge de vingt-huit ans. De toutes façons, on ne peut nier que le général en chef ne se soit appliqué à former avec ses troupes de réserve des unités bien commandées, et qui ne tardèrent pas, dès qu’elles eurent acquis de la cohésion, à montrer les mêmes solides qualités que les troupes de l’armée active.

Le général Joffre chercha encore à augmenter la solidité de l’ensemble en donnant aux troupes l’armement le meilleur. Ses efforts personnels pour faire adopter et réaliser un programme d’artillerie lourde sont consignés dans les registres des délibérations du conseil supérieur de la guerre.


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On pourrait s’étendre sur les profondes modifications apportées sous l’impulsion et le contrôle du général Joffre au plan de concentration. Les progrès accomplis dans les temps qui précédèrent immédiatement la guerre furent tels qu’ils surprirent complètement l’ennemi et nous donnèrent l’avantage de l’initiative. Les Allemands se sont beaucoup vantés du bon fonctionnement de leurs transports par voies ferrées : or, nous les avons dépassés comme rapidité et comme ponctualité. Si nous avons pu, au début, couvrir à la fois le front des Vosges, le front de Lorraine et le front de Belgique, c’est à cette excellente préparation des transports que nous le devons. On devait s’apercevoir, au cours de la guerre, à quel point il importait que le généralissime eût des connaissances et une expérience personnelle et technique de tout ce qui concernait les chemins de fer.

L’Etat-major de l’armée, sous l’impulsion de l’ancien directeur des services de l’arrière, réussit à gagner un jour et demi sur les plans de concentration précédemment établis ; et c’était un résultat considérable, étant donné l’esprit d’offensive qui animait les deux adversaires.

Avec une couverture plus solidement établie à la suite de la loi de trois ans, et un plan de concentration rapidement exécuté, le généralissime du temps de guerre devait avoir en mains les moyens de prendre l’initiative contre les armées allemandes, dont les projets grandioses n’étaient ignorés de personne.