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Les villes d’or


II. LA RÉSURRECTION DE CARTHAGE[1]

Dans notre Afrique du Nord il y a trois villes, qui, de l’avis des personnes compétentes, devraient être fouillées complètement, et cela tout de suite, — avant toutes les autres : Tipasa de Maurétanie, la ville des Nécropoles (il existait plusieurs Tipasa dans l’Afrique romaine, notamment Tipasa de Numidie, Tipasa Numidarum, non loin de Thubursicum, l’actuelle Khamissa : de la piste qui conduit à celle-ci, on en voit les ruines, à demi ensevelies sous celle d’une forteresse byzantine, ). Ensuite, Hippone et Carthage.

Comme tous les ports de mer, ces trois villes étaient riches, luxueuses, ou tout au moins ouvertes aux produits et aux marchandises du monde civilisé occidental. Elles promettent donc un ample butin à l’archéologue. Ce qu’on en a exhumé déjà le prouve abondamment. A Tipasa, outre les nécropoles et les basiliques chrétiennes, M. Stéphane Gsell avait dégagé, il y aura bientôt trente ans, les vestiges assez heureusement conservés d’un quartier de la ville. Tout cela a été réenterré depuis. Récemment des fouilles partielles ont remis au jour un forum et une basilique judiciaire au pied d’un mamelon qu’on appelle la « Colline des Temples » et où se pressaient, parait-il, de

  1. Voyez la Revue du 15 août.