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par des promesses qu’on était résolu à ne pas tenir. Tel était le résultat de la modération des gouvernements alliés, inspirée par le désir de ne pas mécontenter le roi Constantin. Allait-on maintenant persévérer envers lui dans le système de la mansuétude, alors que pour l’amener à la politique de l’Entente, il eût fallu lui donner l’impression de notre force.

La constitution du cabinet éphémère formé par Calogéropoulos qui avait succédé à Zaïmis ne modifia pas cet état de choses. Pour reprendre les négociations, il était essentiel que la situation s’améliorât, mais lorsqu’au mois d’octobre le ministère céda la place à l’ancien professeur Lambros, loin de s’améliorer, elle s’était aggravée en ce sens qu’on ne croyait plus, parmi nos ennemis, à l’efficacité de la politique des Alliés et à la sincérité de leurs menaces. Leur flotte stationnait dans les eaux territoriales grecques, mais on eût dit qu’elle n’y demeurait que pour la parade et à l’y voir vouée à l’immobilité nos partisans étaient réduits à se demander ce qu’elle était venue y faire. Cependant le 2 septembre, les ministres de France et d’Angleterre présentaient au gouvernement grec une note d’allure générale, demandant le contrôle télégraphique, l’expulsion des agents ennemis et les sanctions nécessaires contre les Grecs leurs complices. Le gouvernement grec commença par élever des objections ; il ne faisait pas de difficultés pour expulser certains agents qu’on lui désignait, mais il en était pour lesquels il opposait un refus : c’était, d’ailleurs, les plus dangereux, les personnages officiels des Légations et des Consulats. Les Alliés n’en persistaient pas moins dans leur demande, résolus à obtenir satisfaction.

En ce qui concernait les sujets hellènes, le Président du Conseil grec déclarait qu’il lui était impossible de les faire arrêter sur la seule demande des Alliés ; il exigeait que les plaintes formulées contre eux fussent motivées avec pièces à l’appui et tout l’appareil juridique imposé par les lois. Mais ce qui arriverait alors était facile à prévoir ; les juges d’instruction prononceraient des non-lieu ou des mises en jugement et les tribunaux rendraient des arrêts dépourvus d’impartialité.

Le service, des renseignements faisait observer que si l’on entrait dans cette voie, les mesures exigées par l’Entente seraient inefficaces, beaucoup d’individus se disant grecs étaient en réalité des Allemands naturalisés grecs sous le couvert de la