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« M. Zaïmis, prenant acte de la Note précitée, a l’honneur d’informer Leurs Excellences, les ministres de France et de Grande-Bretagne, que le gouvernement royal accepte les trois demandes formulées dans le susdit document.

« Athènes, le 24 août/3 septembre 1916.

Signé : ALEXANDRE ZAÏMIS. »

Au même moment, les Allemands commençaient à se terrer, à faire leurs malles, tout en invoquant et en obtenant la protection du gouvernement qui s’empressait de la leur accorder. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, des détachements d’infanterie grecque furent commis à la garde de la demeure d’Hoffmann, chef de l’espionnage allemand. Mackensie, chef du service de renseignements anglais, passant dans le voisinage, fut interpellé et couché en joue par les soldats grecs. Cette protection officielle donnée à nos ennemis était d’autant plus inexcusable qu’elle s’opérait quelques heures après la remise de la note anglo-française. On racontait déjà que Schenck avait été arrête ; par nous, mais c’était faux : on le gardait à vue afin de s’assurer de sa personne. Toutes les mesures étaient prises pour qu’il ne pût se dérober et, ses complices pas davantage. L’attaché militaire roumain, germanophile notoire, était arrêté au moment où il sortait de chez Hoffmann. Sur la démarche du ministre de Roumanie, le ministre d’Angleterre le faisait relâcher sous certaines conditions. Frendenthal, secrétaire de la Légation d’Autriche, était arrêté par le service des renseignements, alors qu’il se disposait à faire sauter le Marienbad [1]. On trouva sur lui une lettre d’Hoffmann lui donnant cette mission. Du reste, le but des Allemands était de mettre les navires leur appartenant hors d’état de servir.

Il était donc démontré que les promesses faites après la note du 21 juin n’avaient pas été tenues, que rien n’était changé. L’arrivée de l’escadre alliée le 1er septembre n’avait produit aucune émotion. Ce même jour, l’amiral Barnouin en uniforme dinait tranquillement avec le ministre de France à Phalère, plein de monde. C’était à vrai dire une prise de possession pacifique, mais cette indifférence n’était qu’apparente ; en réalité,

  1. Grand paquebot autrichien saisi et utilisé par la flotte française.