Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/571

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grand magasin de nouveautés. M. Cox va leur parler. Nous nous précipitons à travers le rayon de bonneterie dans l’ascenseur qui nous dépose au neuvième étage. Trois cents Optimistes sont là qui acclament le Gouverneur et écoutent ses commentaires sur la situation politique. Mais les minutes sont comptées. M. Cox tire sa montre, conclut, et distribue cent poignées de mains. Nous nous hâtons vers un autre ascenseur qui nous dépose au rez-de-chaussée. Nous courons à travers un dédale d’articles de ménage et de confiseries variées, tandis que les vendeuses applaudissent, et nous sautons dans les automobiles qui nous ramènent à la gare. Au moment précis où M. Cox parait sur le quai, un coq, dans un panier posé sur un chariot, lance un cocorico retentissant. Les rires éclatent et les spectateurs amusés commentent l’esprit d’à propos de ce volatile qui, justement, est l’emblème du parti démocratique.


Indianapolis (Indiana), 15 octobre.

J’ai remercié le candidat démocratique pour la cordialité de son accueil et j’ai quitté son train pour me rendre à Indianapolis, où son adversaire, le sénateur Harding, parlera ce soir.

Le programme républicain, après quelques oscillations, qui d’ailleurs ont été exploitées par les Démocrates, est à présent fixé. Il se résume ainsi :

« Contrôle absolu des États-Unis par les États-Unis. Pas d’influences étrangères dans les affaires de la nation.

« Les Américains peuvent gouverner leur pays sans l’aide de l’Europe.

« A l’avenir, comme par le passé, on ne verra qu’un seul drapeau, le 4 juillet. Un seul drapeau suffit.

« Ce pays restera américain. Son prochain Président restera en Amérique. Les affaires américaines seront discutées par les serviteurs du pays, à Washington, et non point dans une capitale étrangère.

« Depuis longtemps, nous avons manifesté notre répugnance pour toute ingérence étrangère dans notre gouvernement. Si quatre millions d’Américains ont pu se gouverner eux-mêmes et régler leurs propres affaires, il y a cent quarante ans, cent millions d’Américains, — c’est-à-dire vingt-cinq fois plus — peuvent en faire autant aujourd’hui.

« Harding et Coolidge en donneront la preuve à l’Europe