Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/625

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condition de ses finances, ni la valeur actuelle du mark ne semblent lui recommander l’opération. Mais nous ne nous opposerons pas à ses desseins : qu’on nous laisse de quoi vivre, et la liberté ; nous ne prétendons pas davantage.

— En ce qui concerne la nomination des évêques, Monseigneur, une décision a-t-elle été prise ?

— Elle ne pourra l’être que d’accord avec Rome, répond le prince-évêque. Les négociations sont en cours et ne prendront une forme plus précise que lorsque notre Constitution, enfin votée, aura nettement défini les rapports entre l’Eglise et l’Etat. Plusieurs systèmes sont envisagés : on n’est pas ici très partisan de l’élection faite exclusivement par les chapitres. Mais les chanoines pourraient présenter une liste, sur laquelle soit les évêques de la province, soit tous les évêques de Pologne opéreraient leur choix. Ce choix serait soumis à la ratification de l’autorité suprême de Rome. Le gouvernement serait pressenti, de manière à garantir à l’évêque, une fois nommé, une position convenable vis-à-vis du pouvoir civil ; mais nous voudrions éviter la « présentation » des candidats au Saint-Père par le gouvernement. Vous savez d’ailleurs que nous entretenons avec le Vatican des rapports excellents. L’autorité romaine, qui admet les synodes, provinciaux, ne se montre point favorable, généralement, aux assemblées nationales d’évêques. Cependant, nous avons obtenu la permission de nous réunir, non pas, si vous voulez, en synode national, mais en assemblée générale. Il est vrai que la Pologne ne compte que dix-sept évêques, que ces réunions ont gardé un caractère privé, et qu’on n’y peut prendre aucune décision ayant forme exécutoire. Nous nous réunissons à Poznan et à Czenstochowa, comme les évêques allemands se réunissent à Fulda. Pour les affaires courantes, des rencontres plus fréquentes et plus intimes rassemblent à Varsovie les principaux évêques autour des deux cardinaux.

« Nos socialistes, dans ces derniers temps, se sont préoccupés de la nomination des curés. Le droit de présentation appartenait, suivant les régions, tantôt aux conseils municipaux, tantôt même aux grands propriétaires fonciers. Les socialistes ont eu raison d’exiger l’abolition de ce privilège ; mais ils vont un peu loin lorsqu’ils demandent que les curés soient élus par le peuple. Nous proposerons, pour notre part, que le droit de nommer les curés soit réservé aux évêques.