Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/652

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défendre la Pologne et pour la glorifier, dépensèrent leur génie, répandirent leur sang ou laissèrent couler de leur âme, pleine d’angoisse et d’espoir, des vers immortels ou de divines musiques ?

Tandis que je rêvais aux pompes qui se dérouleront demain sur le Wawel pour célébrer la victoire, et que j’imaginais, le long de la route montante, la procession des aigles et des bannières, le cortège où les légionnaires bleus de Joseph Haller se mêlent aux cavaliers d’argent, dont les ailes héroïques battent le flanc des montures, mes yeux tombèrent sur l’autre colline, ce mont Kosciuszko, que les gens de Cracovie firent de leurs propres mains, toute la population apportant la terre pendant trois ans, afin d’élever au héros le monument grand et simple que méritait sa vertu. Quelle histoire magnifique et quel éloquent symbole ! Ainsi verrons-nous, ainsi voyons-nous déjà s’élever, entre l’Orient et l’Occident, une Pologne forte, prospère et glorieuse, bâtie par l’effort unanime et persévérant de toute la nation.


MAURICE PERNOT.