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Il est temps d’établir l’ordre. — C’est un devoir que d’être dans la Garde nationale.

— J’ai été à l’élection des officiers de la Garde nationale de mon quartier. — Au scrutin, ils m’ont nommé sous-lieutenant.

Ce sont surtout les patentés qui, se voyant exclus de la députation, ont fait la révolution ; Ternaux, le premier, a lâché ses ouvriers.

Et la Restauration était tellement incompatible avec la Nation et y avait jeté si peu de racines qu’elle a été renversée par une poignée d’ouvriers braves, lancés en tirailleurs.


Vendredi 7 août.

Cobbett vient d’envoyer pour son avènement, au roi Guillaume, un libelle qui porte le calcul de la dépense du Président des États-Unis, en parallèle celle du Roi d’Angleterre. — Il se trouve que celui-ci dépense en un an autant que l’autre en quarante-cinq ans


9 août.

Le Duc d’Orléans est Roi des Français et les Français sont Républicains. Je le suis moi-même plus que tous, à présent que la faiblesse de Charles X et du Dauphin, qui n’ont pas su se battre, m’a dégagé de ma superstition d’attachement pour eux.

M. M… vient de Normandie. Il a vu le triste cortège du Roi. Il est malade. La Dauphine et toute sa famille n’ont ni argent ni linge. La Duchesse de Berry est entrée à Aigle dans une petite chambre où était Mme de Gontaut assise sur un matelas.

La Duchesse était vêtue en homme avec une petite redingote. Elle a dit à M. de Caumont (le Duc de Caumont-La Force) : — Allez, je vous en prie, m’acheter des mouchoirs, car je n’en ai pas.

— Madame, voulez-vous des mouchoirs de batiste ?

— Non, non, tout ce que vous pourrez trouver de moins cher !

Le général Talon, Henri de la Rochejacquelein, M. de la Salle, aide de camp du Roi, sont les seuls, près de lui, qui veuillent le suivre.


Vendredi 14 août.

J’ai vu d’H… — Les officiers qui ont défendu Charles X