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grandes difficultés de mise en œuvre, provenant surtout de ce que les ondes électriques fournies par l’aie sont très stables et qu’il est difficile de les modifier en leur superposant les modulations de la voix, de même qu’il est, — si j’ose employer cette image, — difficile de modifier avec une rame le remous produit par un gros remorqueur. Pour y arriver, il faudrait employer dans les microphones destinés à transmettre la voix de forts courants électriques dont l’intensité se concilie mal avec la délicatesse de ces appareils sonores. D’où la nécessité d’employer alors des microphones spéciaux à grande intensité, qui sont inférieurs comme fidélité et sensibilité aux bons appareils des téléphones ordinaires.

Peu après les essais de Poulsen, son compatriote Fessenden a fait des essais analogues de téléphonie sans fil, — de radiotéléphonie, pour employer le néologisme qui s’impose à l’usage avant de s’imposer à MM. de l’Académie. Mais tandis que Poulsen utilisait les ondes électriques produites par son arc, Fessenden utilisait celles produites par un alternateur à haute fréquence, c’est-à-dire par une dynamo à courant alternatif et dont le courant change de sens un très grand nombre de fois chaque seconde.

Dès 1908, la marine américaine installa sur tous ses navires de guerre des postes de téléphonie sans fil munis d’arcs Poulsen, qu’elle avait fait construire par l’électricien Deforest, celui-là même qui inventa la petite lampe merveilleuse dont nous allons parler tout à l’heure.

A la même époque, les lieutenants de vaisseau Colin et Jeance firent également avec succès des expériences de téléphonie sans fil au moyen d’arcs de haute fréquence ne comportant pas de champ magnétique. Ils ont obtenu des portées de 200 kilomètres.

En 1912, M. Vanni réussit à téléphoner de Rome à Tripoli sur une distance voisine de 1 000 kilomètres au moyen d’un arc spécial et d’un microphone à liquide imaginé par lui.

Dans tous ces procédés anciens, comme dans les plus récents, les ondes entretenues engendrées dans l’antenne étaient modulées suivant les vibrations de la parole au moyen de microphones. Avant d’aller plus loin il convient d’expliquer un peu ce que ceci veut dire, car là est le principe même de la téléphonie sans fil.

Dans le téléphone ordinaire, — celui qui à Paris cause tant d’énervement à ceux qui courageusement tentent de s’en servir, — on parle devant un microphone, une lame vibrante, dont les vibrations font varier l’intensité du courant électrique dans un fil relié au