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on ne peut émettre simultanément, sans risque de brouillage, qu’un nombre très limité de communications, ce qui n’a pas lieu en T. S. F.

Par exemple, étant donné les très grandes longueurs d’ondes (c’est-à-dire les très faibles fréquences) nécessaires pour les communications transocéaniques et étant donné que les plus grandes ondes réalisées n’atteignent pas 30 000 mètres de longueur, on peut calculer facilement que le nombre maximum des communications radiotéléphoniques pouvant exister simultanément en France pour communiquer à de grandes distances ne dépasserait pas sept.

Pour les communications à faible distance, c’est-à-dire pour les ondes plus courtes et à grande fréquence, cet inconvénient est un peu moindre, mais il n’en est pas moins réel et il y a là une sérieuse pierre d’achoppement pour la généralisation de la téléphonie sans fil entre particuliers.

Il faut peut-être chercher là l’ostracisme jusqu’ici manifesté par notre administration vis à vis des demandes d’autorisations radiotéléphoniques.

Il y aura là, en tout cas, — en attendant des progrès techniques écartant ces difficultés, — lieu à une réglementation non seulement nationale, mais internationale. Une conférence qui doit se réunir à Paris l’an prochain y pourvoira et déjà son travail a été préparé par le Comité technique interallié que préside, avec autorité, ce savant fécond, cet utile soldat qu’est le général Ferrié, par qui la radiotélégraphie française est aujourd’hui au premier rang.

Quant à nous, dédaignant un instant ces difficultés pratiques passagères, nous ne voulons qu’admirer le progrès féerique par quoi, lorsque des centaines de lieues vous séparent d’un être cher, on peut soudain entendre à nouveau, par-delà l’espace vide, les voix aimées qui se sont tues.


Charles Nordmann.