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Sébastien Cabot en 1527 éleva le premier fortin, au confluent de l’Uruguay et du San Salvador.

Mais, en fait, les rives du Rio de la Plata n’étaient destinées à être vraiment colonisées que beaucoup plus tard. Dès le premier moment, il est vrai, le roi d’Espagne songea à fonder des établissements. Il en donna le soin à des aventuriers, qu’on nomma Adelantados. Le premier, Mendoza, fonda sur la rive Sud du Rio la ville de Buenos-Aires en 1535. Mais la nouvelle cité fut presque aussitôt, détruite par les Indiens. Le successeur de Mendoza chercha dans l’intérieur un endroit plus sûr, et remontant les fleuves qui débouchent dans le Rio de la Plata, il fonda en 1536 sur le Paraguay la ville de Asuncion. Cependant, la rive Nord du Rio, c’est-à-dire la côte uruguayenne, restait déserte. Les établissements étaient détruits par les Charmas. Ne pouvant réduire ces Indiens par les armes, les Espagnols recoururent aux missionnaires. On connaît les célèbres fondations des Jésuites au Paraguay. De même en Uruguay, où pour donner au pays son nom officiel, dans la Bande orientale, les Jésuites fondèrent au Nord de l’Ibimi sept missions qui comptèrent 40 000 habitants. On appelait reducciones ces villages où les Indiens convertis habitaient des maisons groupées en carrés, autour de la place publique où se trouvaient l’église, le conseil des Pères, le grenier public, l’hôpital, les écoles. De ces sauvages les Jésuites avaient fait des tisserands, des charpentiers, des peintres, des sculpteurs, des horlogers. Ils leur avaient appris l’agriculture. Le matin et le soir, au son de la cloche, la population se rendait à l’église. De l’église, elle se rendait au travail au son des instruments, précédée de l’image du saint, protecteur de la ville. Des fêtes, des jeux, des bals alternaient avec le travail.

Mais la Bande orientale formait une sorte de marche entre les possessions espagnoles de la Plata et les possessions portugaises du Brésil. Au point de vue de la géographie, elle n’est même qu’un morceau du Brésil. Les Portugais essayèrent donc de s’en emparer, et en 1680, ils fondèrent la colonie del Sacramento. Ils essayèrent ensuite de s’emparer du port de Montevideo, alors abandonné. Mais le gouverneur du Buenos-Aires, Zavala, les en chassa et, pour défendre le port, construisit d’abord un fort et, en 1726, fonda au même endroit la ville de Montevideo. Les premiers habitants furent sept familles